La violente évacuation des migrants sur la place de la République créée la polémique au moment où le texte de loi sur la sécurité globale est adopté

  • Publié le: mercredi 25 novembre 2020

Le ministre de l’Intérieur a exigé une explication de la part de la police après que des images vidéo « choquantes » ont montré des policiers faire usage de gaz lacrymogènes et de la force contre des migrants et des bénévoles alors qu’ils installaient un camp de migrants de fortune dans le centre de Paris lundi soir.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré que certaines des images montrant le démantèlement d’un camp de fortune de migrants mis en place sur la place de la République lundi soir étaient « choquantes ».

Gérald Darmanin a sommé aux chefs de police de présenter un rapport immédiat sur le démantèlement du camp, qu’il a qualifié d ‘ « illégal ».

Lundi soir, des bénévoles ont contribué à l’installation d’environ 500 tentes sur la place de la République au cœur de la capitale française.  Elles ont été rapidement occupées par des migrants, en majorité originaires d’Afghanistan.

Environ une heure plus tard, la police est arrivée pour démanteler le camp, ramassant des tentes, parfois avec des personnes toujours à l’intérieur, suscitant des protestations de la part des migrants et des bénévoles.

La place s’est transformée en une mêlée générale entre les manifestants et la police et a conduit à des accusations selon lesquelles les policiers avaient recouru à la violence.

Actes inappropriés

« Ils sont trop violents », a sangloté Shahbuddin, un Afghan de 34 ans alors qu’il remettait un bonnet gris sur sa tête après avoir été forcé de sortir de sa tente. « Nous voulons juste un toit. »

La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser le reste du camp, chassant les migrants dans les rues du centre de Paris.

Des vidéos prises par des journalistes sur les lieux ont montré des affrontements entre la police et les manifestants ainsi que les journalistes.

La classe politique française a réagi avec un mélange de choc, de honte et d’indignation face aux images.

Le chef du parti socialiste Olivier Faure a qualifié ces images de « révoltantes et insupportables », avant d’ajouter « j’ai été stupéfait par ce que j’ai vu. Nous sommes un pays qui se présente comme le pays des droits de l’homme ».

De son côté, Marlène Schiappa, a déclaré : « Les migrants sont des personnes et ils doivent être traités avec humanité et fraternité ».

Le chef du syndicat de la police, David Le Bars, a admis que certains policiers étaient responsables d ‘ « actes inappropriés ».

Loi de « sécurité globale »

Le démantèlement est intervenu au moment même où le gouvernement français a adopté le texte de loi de « sécurité globale » qui restreint la publication de photos ou de vidéos prises des visages de policiers dans l’exercice de leurs fonctions dans les espaces publics.

Les syndicats des médias et Reporters sans frontières affirment que cela pourrait donner le feu vert à la police pour empêcher les journalistes de faire leur travail et potentiellement documenter les abus des forces de sécurité.

Amnesty International a déclaré que la loi pourrait dissuader les citoyens d’exercer leur droit de manifester pacifiquement et avoir un impact néfaste sur la démocratie française.

 

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