La stévia fait-elle l’objet de biopiraterie ?

  • Publié le: vendredi 25 novembre 2016

La stévia est devenu l’alternative au sucre la plus populaire auprès des consommateurs du monde entier. Mais sa commercialisation est loin de profiter au peuple sud-américain qui l’a découverte. Pour certaines ONG, le commerce de la stévia relève d’un cas de biopiraterie.

A l’origine du succès de la stévia, on trouve une plante qui pousse en Amérique du Sud. Et c’est le peuple des Guaranis qui a découvert les propriétés sucrantes de cette plante puis mis au point une technique d’exploitation. Mais les Guaranis ont rapidement été dépossédés de cette potentielle source de revenus. Pour des raisons de coûts d’exploitation, l’essentiel de la production mondiale de stévia (80%) provient de Chine. Les Guaranis produisent et vendent à peine 6% de la production mondiale. Outre le fait qu’ils sont économiquement lésés, les Guaranis sont en plus dépossédés de leurs terres par le Brésil et le Paraguay, pays où la population est installée. Leur situation n’est pas seulement précaire : c’est leur survie même qui est menacée.

Si les Guaranis ne bénéficient d’aucune retombée économique, ce n’est pas le cas pour les grands groupes de l’agro-alimentaires qui ont investi dans la stévia. A l’échelle mondiale, on parle d’un chiffre d’affaire d’environ 10 milliards de dollars. La stévia est devenu un véritable business qui a le vent en poupe : même Coca-Cola a mis au point un soda à base de stévia. Aujourd’hui, plusieurs ONG se battent aux côtés des Guaranis pour réclamer la juste part qui leur revient. Pour elles, le fait que des multinationales profitent d’un savoir-faire traditionnel sans aucune contrepartie équivaut à de la biopiraterie. C’est dans ce sens qu’elles viennent de lancer une pétition pour faire pression sur plusieurs firmes en espérant enfin entamer des négociations pour dédommager les Guaranis.

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