Fashion Revolution Week : tous responsables ?

  • Publié le: mercredi 25 avril 2018

Le 23 avril marquait le début de la semaine de la révolution de la mode (Fashion Revolution Week), une campagne mondiale appelant à plus de transparence dans toutes les chaînes d’approvisionnement de la mode, de Primark et H & M à Mark Jacobs et Dior.

Lancé il y a 5 ans, le mouvement est une réponse directe à l’effondrement du complexe industriel de Rana Plaza au Bangladesh qui a tué 1 134 personnes et en a blessé 2 500 de plus, le 24 avril 2013. La catastrophe a révélé le vrai coût des tendances qui changent rapidement, ou «fast fashion» : conditions de travail dangereuses, longues heures de travail et salaires misérables pour les travailleurs de la confection.
Pour envenimer ce constat, c’est en 2013 que la mode a été la plus rentable à ce jour.

#whomademyclothes

Créée par les stylistes Carry Somers et Orsola de Castro, la Fashion Revolution Week inverse les défilés traditionnels de la Fashion Week en accueillant des «Open Studios» de Londres à Buenos Aires et New York, invitant les gens dans les ateliers de marques de mode telles que Stella McCartney, Vivenne Westwood et Christopher Raeburn, qui ouvrent leurs portes au grand public.

Vous avez peut-être aussi vu la campagne #whomademyclothes qui commence déjà à se développer sur les réseaux sociaux. L’année dernière, 100 000 personnes ont posé la question aux marques. Souvent, la réponse sera les plus pauvres du Bangladesh, de la Chine ou de l’Amérique du Sud…

Cependant l’Europe est également dans la tourmente puisque Orsola de Castro affirme que certains des plus mauvais ateliers clandestins qu’elle a vus ont été en Italie.

Un secteur pointé du doigt

Environ 75 millions de personnes, principalement des femmes, travaillent dans la mode et le textile à travers le monde. IndustriALL Global Union indique que 90 pour cent de ces travailleurs n’ont aucune possibilité de négocier leur salaire ou leurs conditions de travail. Beaucoup de travailleurs au bas de la chaîne sont « sujets à l’exploitation, à la violence verbale et physique, travaillant dans des conditions dangereuses, avec très peu de salaire ».

Pendant ce temps, au moins six des 20 personnes les plus riches du monde sur la liste des milliardaires de Forbes l’année dernière étaient dans la vente au détail – y compris Amancio Ortega de Zara et Bernard Arnault PDG du conglomérat de luxe LVMH (Louis Vuitton).

Même si l’on pourrait supposer que des vêtements plus chers équivalent à plus de salaire ou de meilleures conditions de travail, malheureusement ce n’est pas le cas. La plupart des marques de mode de Primark aux grands magasins de luxe emploient les mêmes usines et tactiques.

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