Un parc d’attractions Dragon Ball en Île-de-France : un projet d’un milliard d’euros financé par l’Arabie saoudite

La région Île-de-France négocie depuis 18 mois l’implantation d’un parc d’attractions Dragon Ball à Courdimanche, financé par le fonds souverain saoudien à hauteur de plus d’un milliard d’euros. Valérie Pécresse a confirmé le projet le 24 août 2026, lors de la visite du prince héritier Mohammed ben Salman à l’Élysée.

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Un parc d'attractions Dragon Ball en Île-de-France : un projet d'un milliard d'euros financé par l'Arabie saoudite
Un parc d’attractions Dragon Ball en Île-de-France : un projet d’un milliard d’euros financé par l’Arabie saoudite © Social Mag

Une confirmation officielle qui relance l’attractivité touristique francilienne

Le 24 août 2026, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a officialisé sur TF1 un projet d’envergure qui suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations : l’implantation d’un gigantesque parc d’attractions dédié à l’univers de Dragon Ball à Courdimanche, dans le Val-d’Oise. Fruit de 18 mois de négociations discrètes entre les autorités françaises et l’investisseur saoudien Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain Public Investment Fund (PIF), ce projet pourrait transformer radicalement le paysage touristique régional.

« C’est un projet qui est de l’ampleur de Disney et qui pourrait conforter l’attractivité touristique de l’Île-de-France », a déclaré Valérie Pécresse lors de son intervention médiatique. L’annonce coïncide avec la visite du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman à l’Élysée, où une signature d’accord économique était attendue. Si les négociations aboutissent, ce parc thématique représenterait un investissement estimé à plus d’un milliard d’euros, sur un site chargé d’histoire : l’ancien emplacement de Mirapolis, parc inauguré en 1987 par Jacques Chirac et fermé dès 1991 après un échec commercial retentissant.

Un investissement saoudien inscrit dans une stratégie de diversification économique

Derrière ce projet ambitieux se profile la volonté de l’Arabie saoudite de diversifier son économie au-delà des hydrocarbures, conformément au programme Vision 2030 porté par Mohammed ben Salman. Le Public Investment Fund, doté de plusieurs centaines de milliards de dollars, multiplie les investissements internationaux dans les secteurs du divertissement, du sport et de la culture. Qiddiya Investment Company, bras armé de cette stratégie, développe déjà en Arabie saoudite un parc Dragon Ball présenté comme le premier entièrement consacré à l’œuvre du mangaka Akira Toriyama, décédé en mars 2024.

Le rapprochement franco-saoudien s’est intensifié depuis la visite d’Emmanuel Macron à Riyad en décembre 2024, ouvrant la voie à des coopérations économiques d’ampleur. Selon plusieurs sources concordantes, les premières réunions entre l’Élysée, la région Île-de-France, les collectivités locales et les représentants de Qiddiya ont débuté au printemps 2026. « La région travaille depuis 18 mois sur ce projet. Nous avons besoin de ces emplois, de ces investissements », a justifié Valérie Pécresse, soulignant les retombées économiques attendues dans un contexte de tensions budgétaires.

Le projet prévoit l’aménagement d’un complexe s’étendant sur environ 500 000 mètres carrés, selon les informations révélées par le député du Val-d’Oise Aurélien Taché dans une question parlementaire publiée le 18 août 2026. Cette superficie considérable nécessitera des infrastructures de transport adaptées, leçon tirée de l’échec de Mirapolis dont l’isolement géographique avait contribué à la faillite.

Un site emblématique porteur d’une histoire contrastée

Le choix de Courdimanche n’est pas anodin. Trente-cinq ans après la fermeture de Mirapolis, ce territoire conserve les traces d’une ambition touristique avortée. Le parc initial, partiellement financé par l’homme d’affaires saoudien Ghaith Pharaon, avait connu seulement quatre à cinq saisons d’exploitation avant de succomber à ses difficultés d’accès et à une gestion défaillante. Cette dimension historique crée une forme de continuité géopolitique singulière : un financement saoudien pour un second projet sur le même emplacement, quatre décennies plus tard.

Toutefois, le site n’est pas resté désert. Depuis plus de neuf ans, une centaine de foyers de gens du voyage se sont installés sur une partie de l’ancien parc, formant une communauté dont une vingtaine d’enfants sont scolarisés dans les établissements locaux. Cette présence humaine soulève des questions sociales incontournables quant à leur relogement éventuel, bien qu’aucune communication officielle n’ait encore abordé ce sujet délicat. Les associations de défense des droits des gens du voyage ont d’ores et déjà alerté sur la nécessité d’un accompagnement respectueux des personnes concernées.

Des enjeux environnementaux et territoriaux à clarifier

Au-delà des considérations économiques, ce projet soulève des interrogations environnementales majeures. L’implantation d’un parc d’attractions de cette envergure implique une consommation significative d’espaces naturels et agricoles, des besoins importants en eau et en énergie, ainsi qu’une augmentation substantielle du trafic routier dans une zone déjà confrontée à des problématiques de mobilité. Le député Aurélien Taché a d’ailleurs interpellé le gouvernement sur ces aspects dans sa question écrite, demandant des garanties quant à l’évaluation environnementale du projet.

L’agglomération de Cergy-Pontoise devra également anticiper les besoins en infrastructures de transport collectif pour desservir efficacement le futur complexe. L’expérience malheureuse de Mirapolis, dont l’accessibilité limitée avait constitué un handicap fatal, impose une réflexion approfondie sur la desserte ferroviaire et routière. Les collectivités locales devront s’assurer que les leçons du passé ont été pleinement intégrées dans la conception du projet.

La question de la biodiversité locale mérite également une attention particulière. Le site, laissé en friche depuis plus de trois décennies, a permis le développement d’un écosystème spontané dont l’inventaire écologique n’a pas été rendu public. Les associations environnementales réclament la réalisation d’une étude d’impact rigoureuse avant toute validation administrative du projet.

Un calendrier encore incertain malgré l’optimisme affiché

Malgré l’annonce officielle de Valérie Pécresse, aucun contrat définitif n’avait été signé au 24 août 2026. La présidente de région a évoqué une « réunion très importante à l’Élysée aujourd’hui qui signera peut-être cet accord », lors de la visite du prince héritier saoudien, mais la prudence reste de mise. Les projets d’infrastructures touristiques de cette ampleur nécessitent de longues phases d’études techniques, d’autorisations administratives et de concertation publique.

Le parcours réglementaire s’annonce complexe : enquête publique, permis de construire, évaluations environnementales, négociations foncières et coordination avec les collectivités territoriales constituent autant d’étapes qui pourraient s’étaler sur plusieurs années. Les observateurs du secteur touristique rappellent que le délai moyen entre l’annonce et l’ouverture effective d’un parc d’attractions majeur oscille généralement entre cinq et huit ans.

Par ailleurs, la viabilité économique d’un parc monothématique consacré à Dragon Ball reste à démontrer sur le marché francilien, déjà occupé par Disneyland Paris et le Parc Astérix. Si la franchise japonaise bénéficie d’une notoriété mondiale et d’une base de fans transgénérationnelle, la capacité à renouveler l’intérêt du public sur le long terme constitue un défi majeur. L’expérience du parc saoudien, actuellement en développement, fournira sans doute des enseignements précieux pour calibrer l’offre française.

Un projet révélateur des nouvelles alliances économiques

Au-delà de sa dimension touristique, ce projet illustre les recompositions géopolitiques à l’œuvre en Europe. L’acceptation d’un investissement massif d’un fonds souverain étranger dans une infrastructure de loisirs francilienne témoigne d’une ouverture stratégique aux capitaux du Golfe, dans un contexte où la France cherche à diversifier ses partenariats économiques. Cette orientation suscite néanmoins des débats sur la souveraineté économique et la dépendance vis-à-vis d’investisseurs dont les valeurs sociétales peuvent diverger des standards européens.

Les organisations de défense des droits humains ont rappelé les préoccupations persistantes concernant la situation en Arabie saoudite, questionnant l’opportunité d’accueillir des investissements de cette provenance sans conditionnalités. Le gouvernement français n’a pas encore communiqué sur les éventuelles clauses éthiques ou sociales qui pourraient encadrer cet accord.

Reste désormais à savoir si ce projet ambitieux franchira toutes les étapes nécessaires à sa concrétisation. Entre promesses économiques, défis environnementaux et questionnements sociétaux, le futur parc Dragon Ball de Courdimanche cristallise les tensions contemporaines autour du développement territorial et de l’attractivité économique. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la solidité réelle de ce projet qui, s’il aboutit, pourrait redessiner la carte du tourisme de loisirs en Île-de-France.

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