La réforme des retraites en France – dont le report de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite – alimente toujours le débat. Mise en place en 2023, elle vise à assurer la viabilité financière du système tout en maintenant l’équilibre entre les générations face aux défis du système de retraite. Toutefois, certains craignent les répercussions d’une éventuelle annulation de ces mesures. Le Comité de suivi des retraites (CSR) joue un rôle déterminant dans le suivi et les propositions d’actions pour garder le système en équilibre.
Le rôle important du comité de suivi
Chaque année, le CSR examine la trajectoire du système de retraite français en étroite collaboration avec le Conseil d’orientation des retraites (COR). Lorsqu’il constate que l’avenir du système ou son équilibre entre les générations est remis en cause, le CSR propose des mesures. Dans son avis de juillet, il a souligné qu’il fallait conserver les bornes d’âge fixées par la réforme de 2023 et a mis en garde contre une désindexation trop fréquente.
Le CSR attire également l’attention sur les risques financiers liés à une éventuelle sous-estimation des dépenses dans la fonction publique. En effet, les prévisions reposent sur une hypothèse de stabilité du nombre de fonctionnaires et sur une modération des salaires jusqu’en 2040. En 2023, on a tout de même enregistré une augmentation de 62 000 agents, ce qui pourrait entraîner un surcoût non négligeable pour les finances de la retraite publique.
Les défis financiers et structurels à relever
Le régime Agirc-Arrco rencontre aussi ses propres difficultés. La croissance prévue de la valeur du point est alignée sur une augmentation moyenne des salaires inférieure de 1,16 % sur 45 ans. Même si les partenaires sociaux pourront renégocier ces paramètres dès 2024, une sous-indexation sur une longue période risquerait de créer des réserves très importantes, qui pourraient finalement ne jamais servir à renforcer les pensions.
De plus, on estime que le déficit structurel de la branche vieillesse représente –0,5 % du PIB en moyenne annuelle, avec une détérioration attendue entre 2025 et 2030, pour atteindre jusqu’à –1,1 % d’ici 2050. La dette accumulée pourrait s’élever à 12,5 points du PIB d’ici là, soit environ 375 milliards d’euros en valeur 2025.
Recommandations pour maintenir l’équilibre
Face à ces défis, le CSR recommande de ne pas revenir sur le relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite. Le report progressif a déjà permis d’améliorer le taux d’emploi des 55–59 ans, rapprochant la France de la moyenne des pays de l’OCDE. Modifier ce calendrier risquerait non seulement de faire machine arrière sur ces progrès mais aussi de creuser le déficit global.
Il faut que toute réforme garantisse l’égalité entre les hommes et les femmes et veille à une juste répartition entre les générations. Les ajustements récents cherchent notamment à compenser des carrières parfois morcelées et à renforcer la solidarité entre les générations. Par ailleurs, même si la désindexation a été utilisée pour mieux contrôler le budget, elle touche directement le pouvoir d’achat des retraités. C’est pourquoi il est recommandé de ne l’utiliser que pour des ajustements temporaires et bien ciblés.
L’avenir du système repose sur sa capacité à évoluer sans remettre en cause les droits acquis ni négliger les revalorisations indispensables des pensions. Une démarche continue et approfondie s’impose pour garantir une stabilité durable tout en préservant l’équilibre social et économique du modèle français des retraites.

