36 nutritionnistes accusent Danone de survendre ses yaourts : certains Actimel sont plus sucrés que le Coca-Cola

Actimel plus sucré qu’un Coca ? Trente-six nutritionnistes, dont le créateur du Nutri-Score, dénoncent le silence de Danone sur ses yaourts à boire. Découvrez pourquoi la marque a préféré cacher son étiquette nutritionnelle.

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36 nutritionnistes accusent Danone de survendre ses yaourts : certains Actimel sont plus sucrés que le Coca-Cola
36 nutritionnistes accusent Danone de survendre ses yaourts : certains Actimel sont plus sucrés que le Coca-Cola © Social Mag

Une tribune signée par 36 nutritionnistes dénonce « l’image santé » trompeuse de plusieurs produits laitiers de Danone, jugés trop sucrés. Parmi les signataires figure Serge Hercberg, fondateur du Nutri-Score. Le texte, intitulé « Quand l’arbre des allégations dénonce la forêt des sucres », vise en particulier les yaourts à boire Actimel, Activia et Danonino, ainsi que les boissons protéinées HiPro.

Ces produits affichent des arguments santé comme l’immunité, les probiotiques, le calcium, la vitamine D ou les sources de protéines. Les nutritionnistes reprochent à Danone un manque de transparence sur la teneur en sucre, qu’ils jugent « difficile d’accès » pour le consommateur. Ils rappellent au passage que les effets « santé » mis en avant, notamment sur l’immunité, n’ont jamais été démontrés scientifiquement.

Des taux de sucre proches de ceux des sodas

Les versions Actimel + Triple Action Pêche/Passion et Fraise/Grenade affichent 10,8 grammes de sucre pour 100 millilitres, dont une part importante de sucres ajoutés. C’est autant, voire plus, que d’autres boissons sucrées : le Coca-Cola classique en contient 10 grammes pour 100 millilitres, le Capri-Sun de 7 à 10 grammes selon les versions, et l’Oasis de 7 à 9 grammes.

Avec la nouvelle version du Nutri-Score, ces produits seraient classés D ou E en raison de leur teneur élevée en sucres. Seules les versions nature, sans sucres ajoutés et qui ne contiennent que le sucre natif du lait, restent classées B, celles qui en contiennent peu passant en C. Exemple concret : la formule nature d’Actimel, autrefois classée A, redescend en B, tandis que la version aux fruits, jusqu’ici classée B, tombe en D.

Or Danone a décidé, dès septembre 2024, de ne plus afficher cette nouvelle version du Nutri-Score sur ses yaourts à boire. Ce retrait, écrivent-ils, semble constituer une explication au refus de Danone d’afficher sur ces produits la nouvelle version du Nutri-Score qui les classe légitimement dans les catégories D ou E.

Danone n’a pas totalement renoncé à l’outil : l’entreprise indique travailler à un nouveau dispositif dans le cadre d’un affichage harmonisé au niveau européen.

Face à ces critiques, Danone refuse d’assimiler ses yaourts à des boissons sucrées et les considère comme des desserts. Hercberg voit au contraire ces produits comme un en-cas ou un snack consommé dans la journée.

Danone défend le profil nutritionnel de ses produits laitiers fermentés, riches en protéines, en calcium et en ferments vivants, rappelant qu’ils sont recommandés à hauteur de deux par jour dans les repères alimentaires nationaux. L’entreprise insiste sur la différence de nature entre les sucres : « nos produits contiennent du lactose, le sucre naturel du lait […] contrairement aux sodas qui ne contiennent que du sucre ajouté », fait valoir Danone. Le lactose représente environ 4 grammes pour 100 grammes dans les produits du groupe.

Danone justifie enfin l’existence de ces produits à boire par une évolution des habitudes de consommation : « nos produits à boire répondent à une évolution des usages et des comportements de consommation. Mais ils sont majoritairement consommés à la maison, dans le cadre des repas, et n’ont pas vocation à l’hydratation et le plaisir comme les sodas », précise l’entreprise.

Une enquête de l’UFC-Que Choisir relève la fragilité des fondements scientifiques mis en avant par la marque pour Actimel : la majorité des études citées sont financées par Danone lui-même, souvent menées sur des animaux ou en laboratoire. Une revue de littérature publiée en 2020 ne recense que neuf études sur des humains, la plupart sponsorisées.

Le microbiologiste Philippe Langella, de l’Inrae, reconnaît lui-même que l’intérêt de cette souche pour la santé humaine n’est pas clairement démontré.

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