Pourquoi de plus en plus de Français achètent dans ces zones oubliées où la canicule n’arrive jamais

50°C d’ici 2050, un quart des Français prêt à fuir vers le froid. Le littoral Nord-Ouest devient le nouveau « refuge climatique ». Mais où trouver encore une maison les pieds dans l’eau sous les 400 000 € ?

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Pourquoi de plus en plus de Français achètent dans ces zones oubliées où la canicule n'arrive jamais
Pourquoi de plus en plus de Français achètent dans ces zones oubliées où la canicule n’arrive jamais © Social Mag

D’ici 2050, les vagues de chaleur seront cinq fois plus fréquentes sur le territoire hexagonal et les températures pourront grimper jusqu’à 50 °C par endroits, selon les prévisions de Météo-France. Un horizon qui commence déjà à redessiner les choix résidentiels des Français, et à rebattre les prix sur le littoral.

Le climat s’invite dans le choix du logement

Une enquête menée par Nextories, spécialiste du déménagement, et Ipsos révèle que 44 % des sondés prennent désormais en compte le risque de canicule dans le choix de leur destination. « 44 % des répondants à notre enquête indiquent prendre en compte le risque de canicule dans le choix de leur destination », confirme Julien Bardet, PDG de Nextories.

Le constat rejoint celui de Leboncoin : plus d’un tiers des Français intègrent désormais le climat dans leurs réflexions résidentielles. Un quart d’entre eux envisagerait même de quitter leur logement si la situation s’aggravait, et 25 % achèteraient une résidence secondaire dans une région plus fraîche.

« 25 % des Français envisageraient par exemple d’acheter une résidence secondaire dans une région plus fraîche si les canicules devenaient plus fréquentes », précise Nicolas Garcia Benitez, directeur du marché immobilier chez Leboncoin. La notion de « refuge climatique » s’installe peu à peu dans les têtes.

Le littoral se retourne, les acheteurs reprennent la main

Cette recherche de fraîcheur intervient alors que le marché immobilier du bord de mer connaît un ajustement. D’après la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), les prix des logements anciens en bord de mer ont reculé d’environ 2 % depuis les sommets atteints au printemps 2023. Les acheteurs retrouvent une marge de négociation, même si le prix moyen y reste supérieur à celui du reste du pays.

Le mètre carré littoral atteint en moyenne 4 500 €, en hausse de près de 40 % depuis 2014 et supérieur de 50 % à la moyenne nationale. Partout, les stocks de biens à vendre restent fournis, ce qui laisse présager une poursuite de la consolidation des prix à court terme.

Toutes les stations ne suivent pas ce mouvement. Au Touquet, sur la Côte d’Opale, la demande continue de dépasser largement l’offre disponible. « L’offre ne parvient pas à subvenir à une demande qui explose. La station profite d’un regain de notoriété dû à un effet Macron, à son climat frais l’été et à sa faible densité, son atout distinctif », explique Grégory Beurrier, président du réseau Expertimo.

Résultat : la station dépasse 8 500 € le mètre carré. À 16 kilomètres à peine, Berck affiche un prix trois fois inférieur, illustration de l’écart entre communes huppées et voisines plus abordables sur une même façade.

Ailleurs, le vent tourne. Sur la Côte d’Azur, les prix se stabilisent. Beurrier l’explique par une lassitude d’une partie de la clientèle : « Certains clients se détournent désormais de la côte d’Azur en raison de la surpopulation estivale », note-t-il, ajoutant que « les jeunes cadres ont désormais envie d’autre chose que de la surpopulation estivale ».

Sur la façade Atlantique, le ralentissement tient notamment à la mise en place de mesures anti-Airbnb dans certaines communes.

C’est donc vers le littoral septentrional que se tourne l’attention des acheteurs en quête d’opportunités, à l’exclusion notable de Deauville et du Touquet, dont les niveaux de prix sont déjà élevés. Stella-Plage, devenue une destination à la mode, n’est pas représentative du marché global de la région. Deauville non plus, malgré son rôle de locomotive pour les communes voisines de la Côte Fleurie.

À Deauville justement, le profil des acheteurs reste très typé. « Les acheteurs sont originaires de Paris ou de l’Ouest parisien pour 85 % d’entre eux, avec des budgets jusqu’à 2 millions », indique Philippe Renoult, directeur de l’agence Breteuil, à Deauville.

Dans plusieurs secteurs, notamment le Morbihan et la Côte d’Émeraude, il reste possible d’acheter une belle maison à moins d’un kilomètre de la mer pour un budget compris entre 200 000 € et 400 000 €. À condition d’accepter la pluie et les baignades en eau fraîche, ces régions offrent en contrepartie un patrimoine culturel et des paysages remarquables.

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