Le point sur la production des films d’animation et d’effets visuels français

  • Publié le: vendredi 22 décembre 2017

Le groupe Audiens a dressé une étude analysant l’état du secteur des entreprises de la production de films d’animation et d’effets visuels français entre 2004 et 2016. Une panorama du secteur qui permet de mieux comprendre les dynamiques et les enjeux de ce domaine d’excellence de l’hexagone.

 

Cette année encore, les studios Illumination ont fait la part belle du box-office français (et international) avec 5,6 millions d’entrées sur notre territoire pour le film « Moi, Moche et Méchant 3 ». Preuve, si besoin en était, du marché florissant des productions françaises d’animation et d’effets visuels. Car on peut citer également les succès de films tels que « Le Grand Méchant Renard », « Sahara », « Zombillénium »… L’année dernière, sept films animés français concouraient pour la présélection aux Oscars, dont « Ma vie de Courgette », « La Tortue rouge », « Avril » et « le monde truqué », « Le Petit Prince », tandis que « Ballerina » engrangeait des entrées dans le monde entier. Sans oublier les différentes séries animées telles que « Mini Ninjas » ou « Splat the cat ». Mais pour connaître plus en profondeur ce secteur très spécifique du cinéma français qui se diffuse de plus en plus massivement à l’international, le groupe Audiens a rédigé une étude très précise sur le sujet, couvrant les années 2004 à 20 16.

 

Un secteur de plus en plus important.

« Au travers de cette analyse de données issues de sa base statistique, Audiens concrétise son rôle d’opérateur de référence en matière d’expertise sociale, au service des professions qu’il protège. Nous sommes plus que jamais aux côtés de ceux qui font rayonner la création française » , explique Patrick Bézier, directeur général d’Audiens. Le groupe accompagne en effet au quotidien des acteurs du secteur de la culture, des employeurs aux intermittents et a mis en place une protection sociale spécialisée pour ces derniers depuis le 1er janvier 2009.

Sans surprise, c’est en Île-de-France que l’on retrouve le plus de ces entreprises, à 67 %, même si ce chiffre est en baisse de 10 points par rapport à 2014. Les entreprises se développent donc de plus en plus en régions, surtout en Charente ou dans le Nord.

Depuis 2011, en effet, c’est un secteur en totale évolution, dépassant désormais les 120 entreprises actives, même si seulement 25 d’entre elles cumulent jusqu’aux trois quarts de la masse salariale totale, dont six plus de 45 % de cette dernière à elles seules. 42 % de ces entreprises en 2016 étaient des SARL, contre 34 % de SAS, 10 % de SA (un statut en nette régression depuis une dizaine d’années) et 15 % sont des EURL ou SASU, soit constituées d’un associé unique. Un chiffre qui a quintuplé depuis 2004.

 

Une masse salariale hétéroclite.

En 2016, 6 200 salariés ont œuvré dans ce secteur. Un nombre également en nette augmentation, puisque ce sont notamment 700 salariés de plus qu’en 2015, dont 150 CDI, en majorité des cadres. Quant à la part de CDD d’usage, elle est équivalente d’année en année depuis 2009, à environ 84 % des salariés (5 300 personnes), mais son taux de rotation est en baisse constante entre 2005 et 2016, passant de 35 à 27 %. Les CDD de droit commun, quant à eux, sont peu nombreux et concernent surtout des postes non-cadres et des personnes de moins de 30 ans pour la moitié d’entre eux.

La plupart des employés en CDI ont moins de 40 ans (à plus de 61 %), avec une augmentation des salariés jeunes, de moins de 30 ans. Quant aux CDD d’usage, ils moins de 40 ans pour 75 % d’entre eux. Entre 2004 et 2016, ils étaient plus de 15 000 techniciens intermittents à avoir évolué dans ce secteur.

Si les femmes travaillent plus dans le domaine administratif que les hommes (davantage tournés vers les métiers techniques et créatifs), elles représentent 37 % des cadres. Elles sont d’ailleurs de plus en plus présentes dans ce secteur, avec près de 43 % des emplois, tous types confondus, même si elles occupent davantage de temps partiels que les hommes. Leur différence de salaires avec leurs homologues masculins est d’environ 5 % inférieur.

Quant aux salaires, en 2016, le salaire annuel brut moyen pour un temps plein équivalait à une moyenne de 64 k€ par mois pour un cadre, contre 24 k€ pour un non-cadre. Quant aux CDD d’usage, à 61 % d’entre eux, la moyenne de leur salaire mensuel représente un SMIC horaire et ils sont 80 % à ne travailler que dans ce seul secteur de l’animation.

 

L’étude, particulièrement intéressante, permet de révéler un secteur en plein boom, mais encore largement marqué par la précarité. Comme la majeure partie du monde de la culture, les professionnels des films d’animation sont confrontés à des problématiques particulières en termes de contrats de travail, de rétributions ou de couverture sociale. Pour ne pas freiner la dynamique de ce secteur jeune et pourvoyeur d’emploi, les acteurs publics et privés doivent adapter leur offre de protection pour faire face aux aléas d’un marché très flexible.

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