Allemagne : vers la fin des autoroutes sans limitation de vitesse ?

  • Publié le: mardi 22 janvier 2019

Rouler à 200 km/h sur les autoroutes peut faire partie du mode de vie allemand, mais des militants souhaitent établir des limitations de vitesse pour limiter les accidents de la route et réduire les émissions de CO2.

En Allemagne, la moindre personne qui évoque la l’idéé limite de vitesse sur route essuie généralement un tollé. L’autoroute est considérée comme un lieu de liberté ultime, le seul endroit où vous pouvez être sauvage et impétueux. Ce n’est pas un hasard si la grande majorité des opposants à une limitation de vitesse sont des hommes jeunes ou d’âge moyen.

Rouler vite sur l’autoroute fait partie du mode de vie allemand

Pour cette partie de la population, Jürgen Resch fait figure d’ennemi. En tant que directeur général de l’Action Environnementale Allemande (DUH), une organisation à but non lucratif il a récemment obtenu des tribunaux plusieurs interdictions de conduire pour les anciens véhicules diesels dans les centres-villes.

Mais Jürgen Resch n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Il envisage maintenant de soumettre une limitation de la vitesse sur les autoroutes (120 km/h) et les routes de campagne (80 km/h) afin de répondre aux nouvelles exigences en matière de protection de l’environnement.

À basse vitesse, les voitures émettent moins de CO2. En outre, cela inciterait également l’industrie à construire des voitures plus petites et plus légères, ce qui permettrait d’économiser du dioxyde de carbone dans le processus de production.

Malheureusement, les constructeurs automobiles allemands tirent une majeure partie de leur profit avec les grosses voitures lourdes et puissantes. Par ailleurs ils mettent en avant la menace qu’une telle mesure représente sur les emplois.

Une limitation de vitesse sur autoroute profite à la majorité de la population

Le fait est qu’une limitation de vitesse sur autoroute profite à la majorité de la population. Le nombre d’accidents graves diminuerait (l’effet est encore plus prononcé sur les routes de campagne très exposées aux accidents). Le trafic de plus en plus dense s’améliorerait. La pollution sonore diminuerait fortement (c’est pourquoi l’Autriche, par exemple, a considérablement réduit la limite de vitesse dans ses vallées alpines). Et, bien sûr, toutes les émissions diminueraient aussi considérablement, y compris celles du dioxyde de carbone, qui nuit fortement au climat.

Selon l’Agence fédérale de l’environnement, ces émissions seraient réduites d’environ 9% dans le cas d’une limite à 120 km/h pour tous les véhicules circulant sur les autoroutes. Les opposants aux limitations de vitesse, tels que le club général allemand de l’automobile (ADAC), font valoir que les réductions ne sont guère significatives par rapport à l’ensemble du problème du CO2 en Allemagne. Mais cette argumentation ne fonctionne pas.

Mais le problème du climat ne peut être résolu que si chaque secteur apporte sa contribution.

Une limitation de vitesse sur les autoroutes est une mesure facile et très bon marché à mettre en œuvre pour réduire les émissions de CO2 en Allemagne. Le seul moyen de réduire les émissions en Allemagne est de réduire la vitesse au minimum.

La DUH demande en attendant qu’un test soit effectué pour évaluer les effets d’un abaissement de la vitesse maximale à 130 km/h.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Le Coin RSE

  • Le gouvernement veut créer un Forfait Mobilités

    Pour promouvoir la mobilité durable, le gouvernement travaille actuellement à la création d’un Forfait Mobilités. Il s’agit de l’une des dispositions débattues à l’Assemblée Nationale, qui examine en ce moment le projet de loi Mobilités. Permettre aux salariés de se

le Coin ESS

  • Une carte bancaire pour suivre son empreinte carbone

    MasterCard vient de s’allier avec une jeune startup, Doconomy, pour imaginer une nouvelle génération de carte de paiement responsable. La carte permet non seulement de régler ses achats, mais aussi de calculer l’empreinte carbone du consommateur suite à ses différents