La “clause Weinstein” fait son apparition dans les contrats des entreprises

  • Publié le: vendredi 21 septembre 2018

Le 5 octobre 2017 restera le jour où un changement de culture sismique a démarré, lorsque le New York Times a publié ses découvertes sur le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, révélant des allégations de mauvais comportements sexuels au cours des trois décennies notamment des accusations de harcèlement sexuel et de contacts physiques non désirés de la part d’au moins huit femmes.

Finalement, plus de 80 femmes – dont les actrices Gwyneth Paltrow, Salma Hayek et Ashley Judd – se sont ralliées au mouvement pour accuser Weinstein.

Les répercussions de l’enquête Weinstein ne se sont pas uniquement fait sentir à Hollywood, où Weinstein a été rapidement licencié et son entreprise dissoute, mais dans des bureaux aux États-Unis et dans le monde entier où de plus en plus de femmes se sentent démunies face au harcèlement sexuel d’autres dirigeants puissants.

Se prémunir du harcèlement sexuel

Sur les médias sociaux, les femmes ont partagé leurs histoires avec le hashtag #MeToo qui soulignait l’omniprésence des comportements de harcèlement. De nombreux hommes d’affaires ont été chassés de leurs entreprises et ces dernières ont doublé leur formation en matière de harcèlement sexuel.

Il a fallu moins d’un an depuis le début du scandale pour qu’une nouvelle clause fasse son apparition. Un rapport de Bloomberg Businessweek a révélé que dans de nombreuses fusions et acquisitions en 2018, les acheteurs ont ajouté ce que l’on appelle la « clause Weinstein ».

Une telle clause impose légalement à une entreprise de garantir le comportement de ses dirigeants, garantissant que l’acheteur ne se retrouvera pas avec un scandale qui pourrait avoir une incidence sur ses bénéfices futurs.

La société Weinstein a déposé le bilan après la révélation du scandale, mais elle n’a pas été la seule à en accuser les conséquences. Après que le mannequin Kate Upton ait accusé le co-fondateur de Guess, Paul Marciano, de harcèlement, les actions de la société ont chuté de 18% en une journée, une perte de plus de 250 millions de dollars de valeur marchande. Lorsque le Wall Street Journal a rapporté que plusieurs employés avaient accusé le fondateur et PDG de Wynn Resorts, Steve Wynn, d’avoir commis une faute, la société avait perdu 3,5 milliards de dollars en une semaine.

Bloomberg Businessweek a constaté que certaines transactions financières obligent les vendeurs à déposer de l’argent en séquestre afin que les acheteurs puissent récupérer une partie de leur investissement en cas de faute du dirigeant après la signature du contrat.

Argent Vs réputation 

L’une des réalisations les plus malheureuses de l’année écoulée a été la mesure dans laquelle certaines entreprises ont protégé leurs harceleurs puisqu’ils continuaient à leur rapporter d’énormes sommes d’argent. A titre d’exemple, Bill O’Reilly (animateur TV américain), aurait versé environ 45 millions de dollars à ses accusateurs pour acheter leur silence. Son employeur, 21st Century Fox, a reconnu être au courant de ces arrangements.

De nombreux employés de Disney ont déclaré (anonymement) que le directeur de la création de Pixar, John Lasseter, était connu pour avoir tâtonné et embrassé ses employées à la vue des autres.

Aujourd’hui, engager un prédateur sexuel présumé constitue une responsabilité pour l’entreprise. Le fait de laisser des personnes mal intentionnées occuper les premières places dans une entreprise suggère que la société n’est pas financièrement saine ou responsable. La « clause Weinstein » montre, une fois de plus, à quel point les conséquences de la mauvaise conduite présumée des magnats sont profondes et à quel point nous sommes loin de voir son impact sur la culture, la société et les affaires.

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