Le rapport 2026 d’Urgewald sur l’industrie mondiale du charbon met en lumière une dynamique préoccupante : bien que 76 projets aient été annulés en 2025, 257 nouveaux ont émergé. Ces chiffres révèlent des impacts sociaux considérables, avec des milliers de familles exposées à la pollution, des mineurs sans perspectives de reconversion et une industrie qui engrange des profits tout en négligeant ses responsabilités sociales.
Expansion charbonnière 2025 : nouvelles promesses mais à quel prix ?
Le développement mondial de projets charbonniers atteint 1 510, couvrant mines, centrales thermiques et infrastructures. Pacôme David-Mauduit d’Urgewald souligne : « Pour chaque abandon, trois nouveaux projets apparaissent. » Cette expansion est souvent accompagnée de promesses d’emplois et de développement local.
Emplois créés contre emplois perdus : un bilan déséquilibré
Le secteur du charbon met en avant la création d’emplois pour justifier son essor. Cependant, en Russie, les sanctions ont réduit la profitabilité des exportations, entraînant la fermeture de 20 mines dans le Kuzbass, dont la mine Olzherasskaya-Novaya par Mechel PJSC, laissant des travailleurs sans solution de rechange. Pendant que certaines régions subissent des fermetures, d’autres voient des promesses d’emplois, accentuant les inégalités territoriales.
Analyse des acteurs derrière les 257 projets
La Chine mène avec 70% des centrales thermiques en projet. China Energy Investment Group prévoit 44 GW de nouvelle capacité. En Inde, Coal India développe 552 millions de tonnes par an. La Turquie, co-hôte de la COP 31, continue de subventionner lourdement le charbon malgré son discours climatique, illustrant une contradiction flagrante.
Manque de stratégie de transition juste : un défi majeur
Selon Urgewald, 95% des entreprises listées sur la Global Coal Exit List n’ont pas de plans de sortie du charbon, révélant un manque criant d’anticipation sociale. Sans stratégie de transition, les fermetures brutales laissent des milliers de salariés sans avenir clair.
Absence de plan de reconversion des salariés
Heffa Schücking d’Urgewald compare cette situation à « se doucher avec de l’eau polluée » : impossible de construire un futur énergétique propre sans abandonner le charbon. Cela vaut aussi pour les travailleurs : les fermetures sans reconversion condamnent des régions entières au chômage.
Impact sur les communautés locales : santé et environnement
Les nouveaux projets d’extraction, représentant 41% de la production mondiale actuelle, entraînent des conséquences sanitaires graves. En Inde, les terres tribales sont expropriées sans compensation adéquate. En Chine, les projets chimiques augmentent la pollution dans des régions déjà saturées. Les entreprises se contentent souvent de rapports RSE déconnectés des réalités locales.
Chine et Inde : le poids social de l’expansion charbonnière
La Chine et l’Inde concentrent 88% des nouveaux projets de centrales thermiques, justifiant leur expansion par des besoins énergétiques croissants. Toutefois, les bénéfices sociaux restent inégaux.
Conditions de travail précaires dans les mines asiatiques
Les mines de charbon en Chine et en Inde sont parmi les plus dangereuses, avec des accidents fréquents et des salaires bas. En Inde, des syndicats dénoncent le manque de protection sociale. En Chine, la transparence limitée empêche une évaluation précise des conditions de travail.
Inégalités énergétiques et enjeux climatiques
L’essor du charbon accentue les inégalités : les zones urbaines bénéficient de l’électricité alors que les communautés minières subissent la pollution. Vladimir Slivyak d’Ecodefense souligne l’impact géopolitique des importations turques de charbon russe, qui financent indirectement le régime de Poutine.
Pour une véritable responsabilité sociale des entreprises
Malgré l’utilisation de la Global Coal Exit List par des institutions financières, un fossé persiste entre engagements et actions. Les entreprises doivent aller au-delà des promesses et investir dans des plans de transition concrets pour limiter les coûts sociaux. La COP 31 en Turquie pourrait être l’occasion de confronter ces contradictions, mais sans mesures contraignantes, l’expansion se poursuivra.