Le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), paru le 12 juin, s’intéresse à une question de grande importance pour notre société : comparer le niveau de vie des retraités avec celui des actifs. Ce document, élaboré par 41 experts – parmi lesquels on retrouve des hommes politiques, des représentants syndicaux, le patronat et des économistes – offre un éclairage intéressant sur l’évolution économique des ménages en France.
Revenus et dépenses : trouver le juste milieu
Les ménages retraités touchent en moyenne 2 526 euros bruts par mois. Par contre, ceux des actifs bénéficient d’un revenu total moyen de 4 095 euros mensuels. Cette différence s’explique notamment par la nature des revenus perçus. Ainsi, les retraités profitent d’un revenu du patrimoine plus élevé, qui atteint 413 euros, contre 335 euros pour les actifs. En revanche, ils reçoivent moins de prestations sociales, soit 65 euros contre 214 euros pour les actifs.
Côté impôts, les retraités déboursent 389 euros, alors que les actifs versent 773 euros sous forme d’impôts et de prélèvements divers. De ce fait, le revenu disponible après la fiscalisation est de 3 871 euros pour les actifs et de 2 615 euros pour les retraités.
Écart de niveau de vie : un aperçu détaillé
Le rapport montre que le niveau de vie des retraités est supérieur de 4,8% à celui de la population générale, mais reste inférieur de 2,2% par rapport aux actifs, en partie à cause des disparités géographiques. Cette situation s’explique par plusieurs éléments structurels. En effet, les retraités vivent souvent dans des ménages plus réduits et ils sont majoritairement propriétaires de leur logement.
Depuis les années 1970, le rapprochement entre le niveau de vie des retraités et celui des actifs s’est amorcé grâce à plusieurs réformes marquantes : le renforcement du système de retraite, la généralisation des régimes à toutes les professions et l’introduction de régimes complémentaires obligatoires. Ces évolutions ont aussi été accompagnées par une meilleure intégration des carrières féminines, qui a permis d’augmenter les pensions versées, malgré les inégalités entre sexes.
Et demain ? Vers quel avenir
Selon le COR, le rapprochement entre le niveau de vie des retraités et celui des actifs devrait se poursuivre jusqu’en 2026, principalement grâce aux augmentations de pension indexées sur l’inflation croissante. Pourtant, après cette date, l’écart pourrait progressivement s’élargir jusqu’en 2070, avec une hausse annuelle des pensions prévue à 0,3%, contre 0,7% pour les revenus d’activité.
Ainsi, d’ici à 2070, le niveau de vie des retraités pourrait représenter seulement 87,5% du niveau moyen de la population. Pour reprendre les mots du COR : « Le total des pensions brutes perçues par les ménages dont la personne de référence est retraitée s’élève à 2 526 euros mensuels en moyenne ».
Ce rapport met en lumière non seulement les disparités actuelles, mais aussi les défis à venir pour les politiques publiques et pour chacun d’entre nous qui envisage sa retraite, en particulier pour les retraités modestes. Une bonne compréhension de ces enjeux aidera à envisager un futur où chacun pourra vivre dignement après sa carrière professionnelle.


