Pourquoi la Russie envisage de faire travailler des enfants dès 12 ans : la guerre en Ukraine a vidé les usines et le Kremlin cherche des solutions

La Russie envisage d’abaisser l’âge du travail à 12 ans et de réouvrir des camps de travail.

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Pourquoi la Russie envisage de faire travailler des enfants dès 12 ans : la guerre en Ukraine a vidé les usines et le Kremlin cherche des solutions
Pourquoi la Russie envisage de faire travailler des enfants dès 12 ans : la guerre en Ukraine a vidé les usines et le Kremlin cherche des solutions © Social Mag

La Russie, confrontée à une crise économique aggravée par la guerre en Ukraine et les sanctions internationales, envisage des mesures très controversées pour pallier un manque de main-d’œuvre. Parmi elles figurent la proposition d’abaisser l’âge légal du travail à 12 ans et de rouvrir les camps de travail d’époque soviétique. Ces mesures viseraient à occuper les enfants pendant les vacances scolaires et à combler un déficit important sur le marché du travail.

Une situation géopolitique et économique tendue

Le conflit en Ukraine, souvent décrit comme une « guerre meurtrière », a des répercussions économiques majeures pour la Russie. La guerre, combinée aux sanctions internationales, a entraîné une crise économique qui ne cesse de s’accentuer. Selon des estimations, la Russie aurait besoin d’environ 1,5 million de nouveaux travailleurs pour combler le déficit actuel. La situation est aggravée par l’émigration massive de jeunes professionnels, estimée à 1 million, fuyant le service militaire obligatoire.

Dans ce climat difficile, le taux de chômage, autrefois mis en avant par le président Vladimir Poutine comme étant autour de 2 %, est aujourd’hui remis en question. Les pertes militaires, estimées à environ 1,5 million de militaires tués ou blessés, pèsent elles aussi sur les ressources humaines du pays.

Qui porte cette initiative ?

La commissaire aux droits de l’enfant pour Moscou, Olga Yaroslavskaya, est une figure centrale de cette proposition. Elle a publiquement défendu l’idée de rouvrir les camps de travail, affirmant que « presque tous les adolescents veulent travailler pendant l’été ». Selon elle, ces camps offriraient aux jeunes des activités encadrées tout en allégeant le fardeau financier des parents qui ne peuvent pas garder leurs enfants à la maison.

Lors d’une intervention à la station de radio Govorit Moskva, Mme Yaroslavskaya a déclaré : « Il me semble que le retour des camps de travail est un scénario réaliste que nos enfants soutiendront. » Elle a aussi insisté sur la nécessité de modifier la législation fédérale du travail pour permettre aux enfants de travailler légalement à partir de 12 ans, affirmant : « Ce n’est pas un secret que nous devons changer la législation fédérale du travail. »

Parallèlement, le ministère de l’Éducation de Moscou, dirigé par Sergey Kravtsov, a publié une liste de lecture estivale obligatoire pour les élèves de la ville. Selon The Telegraph, cette liste comporte des ouvrages faisant l’éloge du patriotisme et des exploits des soldats russes dans les territoires occupés d’Ukraine, une initiative qui soulève aussi des débats à l’international.

Le travail des enfants et le retour des camps : ce qui est proposé

Actuellement, la loi russe autorise les enfants à travailler à partir de 14 ans avec le consentement parental, et à signer des contrats de travail de façon indépendante à partir de 15 ans. La proposition d’abaisser cet âge à 12 ans demanderait donc un amendement législatif important.

Mme Yaroslavskaya, se référant à son expérience personnelle dans un camp de jeunesse soviétique, raconte qu’en 8e année « on nous emmenait arracher les mauvaises herbes dans les plants de tomates à 40 °C ». Cette anecdote illustre sa vision positive de ces camps, qu’elle présente comme un moyen pour les jeunes de gagner « un peu d’argent » tout en acquérant des compétences pratiques.

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