María Luisa López Grigera vient d’atteindre le cap des 100 ans. Cette philologue est une éminence du Siècle d’or espagnol.
Née à La Corogne mais d’origine argentine, elle se définit elle-même comme buena gallega, une bonne Galicienne. Une identité qu’elle revendique jusque dans ses habitudes de table.
Son parcours force le respect dans le milieu académique espagnol. María Luisa López Grigera a été professeure émérite de philologie à l’université du Michigan, et elle reste la première femme à avoir prononcé la conférence inaugurale dans une université espagnole. La Real Academia Española (RAE) lui avait même proposé de devenir sa toute première femme membre. Elle a refusé, jugeant que d’autres candidates méritaient davantage cette place.
Côté alimentation, la philologue privilégie les produits naturels et fuit tout ce qui est transformé ou trop assaisonné. Elle mange de tout, mais peu, en surveillant particulièrement ses apports en protéines, animales comme végétales.
Il y a toutefois une constante qu’elle ne sacrifie pas : un verre de vin galicien. Elle confie, dans un entretien accordé au journal ABC Sevilla, qu’en bonne Galicienne, elle s’autorise toujours une coupe d’Albariño, qui lui fait toujours du bien, même si elle boit désormais principalement de l’eau. Elle va jusqu’à lui attribuer un rôle dans son parcours, estimant que ce vin l’a aidée à arriver là où elle est.
Interrogée sur le secret de sa longévité, María Luisa López Grigera balaie d’emblée l’idée d’un quelconque mérite personnel. Elle explique que cela ne lui semble absolument pas un mérite, et que le mérite réside dans les gènes qu’elle a hérités et dans la liberté de pensée que ses parents ont encouragée en elle. Une manière de renvoyer sa longévité du côté de l’hérédité plutôt que d’une quelconque discipline de vie.
L’humour n’est pas absent de ses propos : elle précise ne pas aspirer à vivre cent années de plus.

