Tourisme durable, une prise de conscience nécessaire de part et d’autre du secteur

  • Publié le: mardi 17 octobre 2017

D’ici 2050, le tourisme pourrait devenir la plus grande catastrophe environnementale que l’on ait connue. A l’heure où l’on atteint quasiment 2 milliards de touristes par an, les acteurs du marché commencent à réfléchir à des moyens de relever les défis inhérents à ce constat.

Alors que nous fêtons l’Année internationale du tourisme durable pour le développement, l’association « acteurs du tourisme durable » (ATD) a organisé le 26 septembre dernier une conférence sur le tourisme durable. Christophe Bonnafous, administrateur d’ATD et gérant et fondateur de l’agence d’audit formation et management “Tourisme & Développement” a annoncé sans attendre la couleur. “Le tourisme est le premier secteur créateur d’emplois dans le monde. Mais nous faisons face à des crises sociales, écologiques, économiques et le tourisme doit répondre à ces paramètres. Il faut innover et évoluer”.

Les célébrations de l’Année internationale interviennent à un moment capital, avec l’adoption par les Nations unies du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de portée mondiale et des 17 objectifs de développement durable qui lui sont associés. L’Année internationale constitue donc une occasion exceptionnelle de mettre en lumière le rôle du tourisme dans le contexte des 17 objectifs de développement durable

Sensibiliser les voyageurs

Devant l’amas de touristes, certains lieux sont amenés à restreindre leur accès, voir à fermer, ne sachant gérer cet afflux soudain. C’est le cas d’une partie du site de Pompéi, le centre-ville de Barcelone qui se voit interdit aux groupes de plus de 50 personnes, de lAntarctique ou des Galapago qui se voient imposer un quotas de visiteurs…

De même, on constate que certains sites se dégradent très rapidement. Christian Orofino, co-président de l’Observatoire géopolitique écotouristique (Obget), se désole, par exemple, de voir l’Unesco labelliser des sites sans avoir pensé au préalable, en concertation avec les autorités locales, à une stratégie d’accueil.

C’est le cas pour les temples d’Angkor, qui jusque dans les années 80 n’était absolument pas visité, et qui en 2013 ont vu 3 millions de visiteurs se presser sur ses terres.

Tout cela aurait pu être évité. « Les touristes ne sont pas chez eux ailleurs. Il faut qu’ils respectent les lieux visités, les coutumes et les cultures », ajoute Christian Orofino.

Pour sensibiliser les foules, certains tour-opérateurs et croisiéristes (Salaün Holidays, CroisiEurope) organisent pour leurs clients lors de leur séjour, des visites d’écoles, d’orphelinats, d’ateliers de rénovation de céramiques dans les communautés visitées.

D’autres (Village Monde, Vision du monde) proposent aux voyageurs de prendre part à une activité communautaire, écologique ou encore de vivre chez l’habitant afin qu’ils se sentent impliqués dans leur action à l’étranger lorsqu’ils voyagent.

Changer les mentalités des grands opérateurs

Guillaume Cromer, directeur gérant d’ID-Tourism et consultant sur des actions en faveur d’un tourisme durable est catégorique : « il faut absolument responsabiliser les professionnels du voyage pour travailler à changer les mentalités en faveur d’un tourisme durable, ce qui peut s’avérer compliqué étant donné que l’économie prime toujours. »

Afin de changer les mœurs et de faire évoluer le tourisme vers une conscience collective de notre environnement, des mesures incitatives sont instaurées, comme les « Palmes du tourisme durable», dont la 1ère édition récompense les professionnels du voyage ayant récemment mis en place des actions concrètes pour préserver l’environnement et favoriser le contact avec les populations locales.

« Les gens préfèrent visiter un site qui n’est pas massivement envahi par le tourisme ou retourner sur un lieu dont le patrimoine a su être préservé, quand ils ne font pas de lieux protégés leur must do dans une vie ».

 

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