Grande-Bretagne : la lutte anti-corruption s’organise sur fond de polémique

  • Publié le: mardi 17 mai 2016

Alors qu’il a été récemment mis en cause par l’affaire des Panama Papers, le premier ministre britannique David Cameron a sonné la semaine dernière le rassemblement contre la corruption. Il souhaite lancer une politique de contrôle rigoureuse pour empêcher l’argent sale d’inonder la Grande-Bretagne.

C’est un fléau connu depuis longtemps : le marché de l’immobilier britannique est devenu le refuge préféré des sociétés qui veulent investir leur argent sale. De nombreux fonds d’investissement, dont la provenance des fonds semble suspecte, achètent ainsi des terrains ou des biens immobiliers dans la capitale britannique sans que les autorités sachent à qui profite ces investissements. Afin de mieux contrôler ce genre d’agissements, la France avait eu l’idée de créer un registre public des trusts sur son territoire. L’idée a été reprise en substance par le gouvernement de David Cameron qui a annoncé la semaine dernière la mise en place d’un registre public des bénéficiaires effectifs des sociétés. Le registre devrait entrer en vigueur dès le mois de juin et permettre une meilleure transparence des activités économiques dans toute la Grande-Bretagne.

C’est à l’occasion du sommet anticorruption qui se tenait à Londres que le premier ministre a fait part de sa volonté de s’engager activement dans la lutte anticorruption. Ces derniers mois, il a fait l’objet de vives critiques dans son pays à cause de ses liens avec l’affaire des Panama Papers : les journalistes ont en effet découvert que David Cameron possédaient des parts dans la société offshore de son père. Le sommet était donc l’occasion pour le premier ministre d’affirmer clairement sa position.

Pourtant, la nouvelle politique prônée par Londres risque de ne pas être à la hauteur des enjeux. De nombreuses ONG se sont ainsi montrées sceptiques face à l’absence de certains représentants lors du sommet anticorruption. Elles estiment que le tiers des paradis fiscaux dans le monde sont en fait sous l’autorité de la Grande-Bretagne qui se montre trop complaisante à leur égard. Il faudra donc plus qu’une déclaration de principes pour obtenir des résultats en la matière.

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