Surpoids : les recommandations des diététiciens et des acteurs de la santé

  • Publié le: jeudi 16 juillet 2020

Un adulte sur dix est obèse, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). A la faveur de la crise sanitaire, l’obésité, notamment celle des jeunes, a été au centre des préoccupations de santé publique. Les nutritionnistes et acteurs de santé dénoncent le marketing alimentaire sauvage et préconisent des politiques publiques encourageant des habitudes alimentaires plus saines et plus intuitives.

L’organisation internationale définit le surpoids et l’obésité comme « l’accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui représente un risque pour la santé ». En France, 17% de la population est obèse. Pour de nombreuses maladies (cancer, diabète, hypertensions), l’obésité est un véritable facteur de risque. Dans le cadre du Covid-19, les personnes souffrant d’obésité peuvent contracter plus facilement des formes graves de la maladie. Elles étaient sept fois plus nombreuses dans les unités de réanimation ces derniers mois.

Mais les problèmes de surpoids ne sont pas une fatalité. Selon la Haute autorité de santé en France, les jeunes, notamment lors de périodes cruciales de croissance, doivent «parvenir à cumuler plus de 60 minutes d’activité physique quotidienne modérée à intense», et «limiter les comportements sédentaires, notamment les temps d’écran à visée récréative». L’un des principaux facteurs de surpoids étant, sans surprise, le temps passé à ne rien faire devant les écrans.

Se préserver du marketing alimentaire

Dans le collimateur des associations de santé : le marketing alimentaire. 80 à 90% des publicités alimentaires sont visibles à la télévision et sur Internet, et diffusées lors des tranches horaires les plus populaires auprès des jeunes. C’est pourquoi l’ensemble des acteurs de santé souhaitent limiter les annonces commerciales, notamment concernant les produits à faible qualité nutritionnelle.

Les messages sanitaires figurant en fin de publicité doivent être, selon eux, adaptés et permettre une dissociation réelle entre les communications marketing et les messages de santé publique auprès du téléspectateur. Si l’exposition à une publicité n’a que très peu d’effets sur les comportements des adultes, elle induit une augmentation de 56% de consommation chez les enfants exposés à ces publicités.

L’information nutritionnelle, à consommer avec modération

Selon l’agence Santé publique France, les jeunes souffrant de surpoids doivent être accompagnés dans leurs habitudes alimentaires afin de les modifier durablement. Ces changements ne doivent pas rompre brutalement leurs habitudes et «les régimes à visée amaigrissante sont déconseillés ». Enfin, «aucun aliment ne doit être interdit». Pas question donc de distinguer les bons des mauvais aliments.

Si les systèmes d’information nutritionnelle, qui permettent un étiquetage nutritionnel sur certains produits, peuvent apporter des éléments d’information, leur fiabilité est régulièrement remise en question. Nutri-Score par exemple, qui propose un logo affichant un score, de A à E, issu du calcul d’un algorithme, ne donne qu’une vision partielle de certains produits, alors que l’approche préconisée par les nutritionnistes est davantage holistique.

L’apprentissage du plaisir alimentaire

Selon la diététicienne Aurélie Boetsch, « ce logo ne donne qu’une vision générale du produit en question n’aboutissant qu’à peu d’explications sur sa composition exacte (…). C’est l’équilibre alimentaire dans sa globalité qui reste primordial afin de réduire l’obésité et préserver sa santé ». « Il se peut que (Nutri-Score) oriente les stratégies des industriels, notamment vers des produits allégés. Mais si le sucre, le sel et le gras sont remplacés par des agents de texture ou des exhausteurs de goût, ce n’est pas ainsi que l’on mangera plus équilibré » précise encore la nutritionniste Nicole Darmon.

Pas d’aliments interdits ou tabous donc. De nombreux nutritionnistes invitent au contraire à « sortir du rapport conflictuel avec les aliments et à revenir à l’écoute de soi, de ses signaux internes ». Des études ont d’ailleurs démontré les effets pervers de la privation : le bannissement de certains aliments créerait, selon les spécialistes, des besoins irrésistibles difficiles à maîtriser.

L’alimentation devrait plutôt être prise sous un angle global : « Il ne faut pas oublier que la valeur attribuée aux aliments est nutritionnelle, mais aussi psychologique, culturelle et sensorielle, ces trois dernières dimensions étant aussi importantes que la première », précise Karine Gravel, nutritionniste et docteure en nutrition.

 

 

 

 

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