Des millions de retraités pourront profiter, en 2027, d’un second abattement fiscal qui vient s’ajouter aux 10 % déjà déduits de leurs revenus imposables. Les conditions d’accès à cet avantage, prévu dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2027 présenté par le gouvernement, sont élargies, et son montant augmente par rapport à 2026.
Ce dispositif concerne les personnes ayant au moins 65 ans au 31 décembre 2026. Chez un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, il suffit qu’un seul des deux conjoints remplisse cette condition d’âge pour que l’abattement s’applique. L’Insee évalue l’âge moyen des retraités français à 75 ans, ce qui laisse supposer qu’une large partie d’entre eux pourrait être concernée.
Jusqu’à 5 762 euros pour un couple
Les plafonds de revenus, revalorisés chaque année comme le barème de l’impôt sur le revenu, grimperont de 2,1 % en 2027 selon le projet de budget du gouvernement. Un retraité vivant seul dont les revenus annuels se situent entre 18 041 et 29 027 euros bénéficiera d’un abattement de 1 441 euros, explique le site Droit Finances. En dessous de 18 041 euros, l’abattement atteint 2 881 euros. Au-delà de 29 027 euros, aucune réduction n’est accordée.
Pour un couple où les deux membres ont plus de 65 ans, ces montants doublent : l’abattement peut alors monter à 2 882 euros, voire à 5 762 euros selon le niveau de revenus. Attention toutefois : le plafond s’apprécie pour l’ensemble du foyer fiscal, et non personne par personne. Deux retraités aux revenus modestes mais dont le total dépasse le seuil perdent l’avantage.
Autre point à surveiller : le revenu net global pris en compte ne comprend ni les plus-values taxées à taux proportionnel, ni les revenus soumis à un prélèvement libératoire. Un couple âgé peut donc toucher ces abattements tout en disposant par ailleurs de revenus de placement conséquents, contrairement à ce que laisseraient penser les seuils affichés.
Les mêmes montants, sous les mêmes conditions de ressources, profitent aux titulaires d’une pension militaire d’invalidité et à ceux d’une pension pour accident du travail, à condition d’afficher un taux d’invalidité d’au moins 40 %. L’âge n’est donc pas l’unique porte d’entrée vers ce second abattement.
Cette bonne nouvelle contraste avec d’autres annonces du gouvernement visant à faire des économies sur le dos des retraités. L’exécutif prévoit de ne pas revaloriser les pensions de retraite de base supérieures à 1 260 euros bruts mensuels, et souhaite raboter l’abattement forfaitaire de 10 % dont bénéficient tous les retraités.
Son plafond, qui aurait dû atteindre 4 528 euros en 2027, serait ramené à 3 000 euros, empêchant les retraités de déduire davantage de leurs revenus déclarés. Ces arbitrages restent soumis aux débats budgétaires à venir, mais, qu’ils soient retenus ou non, ils n’empêcheront pas des millions de retraités de bénéficier du second abattement, distinct du premier.
Concrètement, un retraité de 66 ans déclarant 30 000 euros de revenu annuel en 2027 verra son revenu imposable ramené à 27 000 euros grâce à l’abattement de 10 %. Son revenu restant sous la barre des 29 027 euros, il pourra ensuite appliquer le second abattement de 1 441 euros, faisant chuter son revenu imposable à 25 559 euros.






