Les représentants des syndicats et du patronat doivent se réunir le 14 octobre 2026 pour fixer le taux de revalorisation des pensions complémentaires Agirc-Arrco, applicable dès le mois de novembre. Selon des sources citées par Les Echos, la hausse devrait se situer entre 1,2 % et 1,9 %, bien en deçà des 2 % espérés par les syndicats en septembre.
- Quatorze millions de retraités du secteur privé sont concernés par cette décision. Le plafond maximal vient d’être revu à la baisse : le règlement du régime interdit en effet de revaloriser les pensions plus vite que l’évolution des salaires, et les derniers chiffres disponibles ont fait reculer ce plafond de 2 % à 1,9 %.
La fourchette tient à une formule précise. L’accord national interprofessionnel signé le 5 octobre 2023 calcule la revalorisation à partir de l’inflation INSEE hors tabac, moins 0,4 point, avec une marge de ±0,4 point autour de ce résultat. Avec une inflation attendue autour de 2 % pour 2026, la base théorique ressort à 1,6 %, pour une fourchette allant de 1,2 % à 2 %.
Mais une règle complémentaire empêche la valeur du point d’augmenter plus vite que le salaire moyen par tête, attendu entre 1,8 % et 1,9 %. C’est ce second verrou qui abaisse le plafond réel à 1,9 %.
Les gestionnaires du régime pourraient toutefois choisir un scénario encore plus bas, à 1,2 % ou 1,6 %, au nom de la soutenabilité financière. Les réserves de l’Agirc-Arrco dépassent pourtant 90 milliards d’euros, avec un objectif de gestion fixé à six mois de pensions couvertes sur un horizon de quinze ans. Les précédentes revalorisations donnent la mesure du ralentissement : +4,9 % en 2023, +1,6 % en 2024, en 2025.
Les syndicats veulent éviter un deuxième gel
2025 pèse lourd dans les discussions. Un désaccord entre syndicats et patronat avait alors entraîné un gel total des pensions complémentaires, sans aucun rattrapage prévu depuis, l’Agirc-Arrco excluant toute compensation du manque à gagner passé. Les syndicats arrivent donc à la table des négociations particulièrement remontés, déterminés à obtenir la hausse la plus forte possible. Le patronat, de son côté, garde pour l’instant le silence sur ses intentions.
Une réunion préparatoire s’est tenue le mercredi précédant l’échéance du 14 octobre. Les partenaires sociaux y ont acté la fourchette de 1,2 % à 1,9 %, ainsi que la possibilité de limiter sensiblement la hausse par rapport à l’évolution des prix, via une désindexation destinée à préserver la solidité financière du régime sur la durée. L’hypothèse d’un deuxième gel consécutif n’est pas écartée en cas d’échec des négociations.
Pour un retraité percevant une complémentaire modeste, une hausse de 1,2 % ou de 1,9 % ne représente que quelques euros bruts par mois, encore amputés par la CSG, la CRDS et la Casa avant le virement net. Un nouveau blocage des pensions ferait pourtant les affaires de l’État, en limitant le déficit du système de retraites et la progression de la dette publique.
Les partenaires sociaux ont néanmoins intérêt à trouver un accord, ne serait-ce que pour conserver la gestion autonome du régime.
Cette négociation intervient alors que le gouvernement cible aussi les retraites de base dans son projet de budget 2027. Le texte prévoit de geler les pensions supérieures à 1 260 euros et de ramener le plafond de l’abattement fiscal de 10 % sur le revenu de 4 439 euros à 3 000 euros.
Ce double resserrement, pensions complémentaires et retraites de base, nourrit la colère chez les retraités du privé, déjà confrontés à la hausse des prix des carburants et des produits frais.






