Loi contre les « fake news » qui bafoue la liberté d’expression ?

  • Publié le: jeudi 11 janvier 2018

Le 3 janvier, lors de ses vœux à la presse, le président Macron a déclaré vouloir mettre en place une loi visant à contrôler la propagation des “fake news” (fausses nouvelles) sur Internet en période électorale.

 

Emmanuel Macron pensait faire un grande annonce en déclarant son intention de faire adopter d’ici la fin de l’année 2018 une loi punissant les auteurs des fausses informations en période électorale. Or, la loi de 1881 sur la liberté de la presse sanctionnait d’ores et déjà à hauteur de 45 000 € « la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler ».

 Mais selon notre président, l’amende ne suffit pas à stopper la promulgation de ce type d’informations à l’heure où les réseaux sociaux sont rois. La nouvelle loi proposée permettrait ainsi aux juges de légiférer sur l’éventuel retrait des articles, le déréférencement des sites en cause, voire la fermeture du compte utilisateur ou du site Internet.

Par ailleurs, le texte devrait prévoir une obligation de transparence pour les sites web (Facebook, Twitter et Google en tête) afin de rendre publique l’identité des auteurs.

 

Une mesure trop tardive pour être efficace

 

Donner le pouvoir au gouvernement de limiter la propagation d’un certain type d’information pourrait avoir comme conséquence de limiter la liberté d’expression des opposants politiques, qu’ils soient citoyens via les divers blogs, ou journalistes au sein de journaux spécialisés. De la même manière, il peut parfois paraître compliqué de distinguer une fausse information délibérée d’une opinion erronée.

D’autre part, la loi sur les « fake news » sévirait à postériori, puisque le retrait éventuel de l’article sera rendu possible après sa diffusion. Ainsi, une fois le contenu diffusé sur Internet, et étant donné la vitesse de propagation des informations, le mal est déjà fait.

 

Inciter les lecteurs à réfléchir

 

Il existe deux types de « fake news ». La première, politique, vise à discréditer les opposants politiques afin de faire basculer le vote.

La seconde, d’ordre financier, qui permet de gagner de l’argent via la diffusion d’information fabriquée. Cela peut s’avérer très lucratif car les auteurs sont rémunérés au nombre de clics. Les plateformes telles Facebook ou Twitter facilitent la promulgation de ces informations via leur système de « boost » d’une publication. Elles proposent de les payer (une faible contribution) en échange d’une meilleure diffusion des contenus. Facebook annonce la mise en place d’un « fact checking » (contrôle des faits) et met en lumière aux yeux du lecteur, les articles en lien avec le sujet afin de l’inviter à comparer les informations et d’obtenir des points de vue alternatifs.

Les lecteurs faisant davantage confiance aux journaux officiels qu’aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux, il ne devrait pas être si laborieux d’aiguiser l’esprit critique des citoyens et de les éduquer aux médias numériques.

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