Un groupe de travail créé pour réfléchir aux risques de la perte de la biodiversité pour les institutions financières

  • Publié le: lundi 10 août 2020

La Task Force on Nature-related Financial Disclosures (TNFD) doit formuler un nouveau mécanisme de reporting sur les risques posés par la dégradation de l’environnement et la perte de biodiversité.

Au moins dix institutions financières ont approuvé une initiative soutenue par l’ONU pour former la TNFD, dont l’objectif est de proposer des recommandations sur la manière de reporter et publier les risques et opportunités liés à la dégradation de l’environnement et la perte de biodiversité.

La TNFD, qui devrait être lancée au premier trimestre 2021, complétera le Groupe de travail sur la divulgation financière liée au climat (Task Force on Climate-related Financial Disclosures – TCFD). Il est également soutenu par les gouvernements britannique et suisse ainsi que par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable.

Réorienter les flux financiers

Les institutions financières qui ont déjà adhéré à la TNFD sont AXA, BNP Paribas, Development Bank of Southern Africa, DBS Bank, Rabobank, FirstRand Group, International Finance Corporation, Standard Chartered, Storebrand Asset Management, Yes Bank et la Banque mondiale.

L’initiative est coordonnée par Global Canopy, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Initiative financière du Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEPFI) et le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui prévoient de former un groupe de travail dans le troisième trimestre de cette année.

Selon son site Internet, la TNDF vise à réorienter les flux financiers à grande échelle vers « des activités positives pour la nature pour permettre à la nature et aux hommes de s’épanouir ».

Soulignant l’ampleur de la perte de la biodiversité, le site web de la TNDF note que l’humanité a déjà anéanti 83% des mammifères sauvages et la moitié de toutes les plantes, et gravement altéré les trois quarts des terres libres de glace et les deux tiers des environnements marins.

La pandémie de Covid-19 qui fait rage serait en partie liée au commerce illégal d’espèces sauvages et à la dégradation de l’environnement, ce qui montre que les risques liés à la nature peuvent avoir un impact sur l’économie plus rapidement que les risques climatiques, selon le site Web.

La moitié du PIB mondial dépend de la nature

Le Forum économique mondial estime que 44 000 milliards de dollars américains de création de valeur économique, soit plus de 50% du PIB mondial, dépendent modérément ou fortement de la nature.

En tant que tel, les risques d’inaction sont immenses, mais les opportunités d’action sont tout aussi énormes. L’action vers des transitions positives pour la nature pourrait générer jusqu’à 10 100 millions de dollars en valeur commerciale annuelle et créer 395 millions d’emplois d’ici 2030, selon le WEF.

Meilleure compréhension

La TNDF, à travers un groupe de travail informel, tentera de résoudre les besoins en reporting, métriques et données des institutions financières qui leur permettront de mieux comprendre leurs risques, dépendances et impacts sur la nature.

En collaboration avec le secteur des entreprises, le groupe de travail prévoit de développer des cadres en 2021 et de les tester au début de 2022 avant qu’ils ne soient disponibles dans le monde entier.

Le groupe de travail cherchera également à renforcer la sensibilisation et la capacité à réduire les impacts négatifs du secteur financier sur la nature et la biodiversité, ainsi qu’à identifier de nouvelles opportunités d’investissement et de prêt favorables à la nature.

Mikkel Larsen, directeur du développement durable de la DBS Bank, note : « La perte rapide de biodiversité et de nature fait partie des problèmes les plus critiques et réels qui menacent le monde aujourd’hui. Même si nous luttons également contre la pandémie de Covid-19, nous ne devons pas freiner la lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité, car les dommages irréversibles causés se poursuivent depuis plusieurs années et continuent de montrer des signes d’accélération. »

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