Stage en entreprise : un tremplin vers l’emploi ?

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  • Publié le: mercredi 10 juillet 2019

Effectuer ses premiers pas en entreprise, engranger de l’expérience et valoriser sa formation : tels sont les grands enjeux actuels des stages. L’opportunité d’intégrer le monde du travail pendant une courte durée peut, suivant l’organisme d’accueil et les modalités de la mission, apporter beaucoup à un C.V.

Des modalités différentes

Plusieurs types de formations ou expériences en entreprise recouvrent l’appellation « stage ». On parlera ainsi préférablement de stage d’observation pour désigner des initiations professionnelles de très courte durée (entre quelques jours et deux semaines). Durant ceux-ci, le stagiaire découvre les activités d’une société ou d’une institution, sans prendre part de manière concrète aux tâches des salariés. Plus longs (entre un et plusieurs mois), les stages d’application constituent un moment où un étudiant ou un participant à une formation effectue une expérience « sur le terrain », en lien avec sa filière ou son domaine. Avec ses acquis théoriques, il va pouvoir se confronter à la réalité du travail le temps d’une mission souvent bien délimitée. Enfin, le « stage de fin d’études », intégré à de nombreuses formations universitaires et écoles d’ingénieur ou de management, se veut le plus proche d’un tremplin vers l’emploi. Dernière ligne droite de la vie étudiante, ce moment permet à l’apprenant d’affiner au maximum son projet professionnel et parfois de se voir proposer un poste par l’organisme d’accueil.

Les enjeux d’un stage en entreprise

Pour le stagiaire, l’expérience en entreprise correspond à une série de moments nécessaires à sa formation : la découverte d’un métier (afin de s’assurer que c’est bien vers cette réalité professionnelle qu’il veut se tourner), l’approfondissement d’un secteur d’activité, afin de mieux peser ses choix futurs de spécialisation, et enfin le choix d’un modèle d’entreprise qui lui correspond au mieux (suivant la taille de la structure, son volume de compétence, l’autonomie qu’elle demande…).

Du côté des entreprises, l’accueil des stagiaires représente aussi bien une stratégie d’avenir qu’une chance d’optimiser son image de marque en tant qu’employeur. Des futurs collaborateurs peuvent se trouver parmi les étudiants ou apprenants intégrés à l’occasion d’un stage, et leur suivi par des tuteurs séniors assure la continuité du savoir-faire au sein de la société. Donner un rôle important aux stagiaires revient à les responsabiliser, tout en offrant aux salariés déjà présents une opportunité d’ouverture et d’échanges avec d’autres générations et de nouvelles méthodes de travail.

Certains secteurs ont beaucoup à gagner à ouvrir leurs portes à des stagiaires, comme Bruno Le Maire le rappelait fin 2018 à l’occasion du salon industriel L’Usine extraordinaire. Les entreprises partenaires de cette organisation se sont engagées à accueillir 4100 élèves de 3ème en stage découverte en 2019. « Dans le cadre de notre politique inclusive, EDF s’engage notamment à tripler le nombre de stages de 3ème offerts par le Groupe en 3 ans en le portant à 2 000 en 2021, et à maintenir à au moins 15% la part des stages réalisés par des jeunes issus de collèges REP+ et de collèges en milieu rural. », tient à préciser Christophe Carval, Directeur Exécutif en charge des Ressources Humaines.

Le ministre de l’économie ne manquant pas de souligner à cette occasion que le « secteur industriel, qui embauche » pouvait « donner un CDI bien payé, avec des perspectives de carrière » et insisté sur le fait que dès le collège et le lycée, les jeunes gagnaient à être initié à ce secteur crucial de l’économie. M. Le Maire a ainsi plaidé pour que le maximum d’entreprises propose des stages de troisième.

À ce jour, les grandes entreprises sont classées par la méthode HappyIndex® / Trainees afin d’indiquer aux étudiants les structures les plus accueillantes. Le secteur industriel n’est pas en reste : Colas, Michelin, Le Groupe Safran, Dassault Systèmes, Schneider Electric, Saint-Gobain, EDF ou Naval Group figurent ainsi parmi les vingt meilleures entreprises selon ces critères. Les témoignages de stagiaire ayant intégré des sociétés d’énergie permettent de comprendre tout ce que cette période peut apporter aux futurs salariés : des étudiants de master en stage chez EDF parlent de « l’importance et de la richesse des activités qu’on leur a confiées », d’autres de la « confiance donnée aux stagiaires », et reconnaissent que « le contact avec des interlocuteurs multiples » et « l’ambiance de travail », entre autres, expliquent leurs retours très positifs sur leur passage dans la société énergétique. Des avantages que l’on retrouve aussi chez Engie. Les stagiaires interrogés louent « l’autonomie et de la liberté » dont ils ont bénéficié durant leur mission, et constatent par ailleurs que le « secteur d’activité » de l’énergie et de l’environnement, « très porteur », les aiguillaient quant à leur orientation professionnelle.

Des stages de plus en plus encadrés

La loi a précisé en 2014 les modalités complètes des stages. Ce cadre légal stipule un nombre de stagiaires limité par entreprise (les entreprises de moins de 20 salariés ne peuvent en accueillir plus de trois, celles de plus de 20 salariés ne doivent pas avoir un nombre de stagiaires supérieur à 15% de l’effectif global) et par tuteur : chacun des maîtres de stage ne peut suivre plus de 3 stagiaires en même temps. La loi fixe le temps de travail maximum des stagiaires à 35 heures (en général) de travail hebdomadaire et à moins de 10 heures quotidiennes. Les conventions de stage ne peuvent dépasser plus de six mois de travail, et la responsabilité de l’entreprise en matière de sécurité s’accroît.

La loi de 2014 précise également les conditions de rémunération des stagiaires en entreprise : pour ceux missionnés plus de deux mois, une paie est obligatoire. Les textes fixent une égalité de traitement quant aux avantages en nature entre salariés et stagiaires. Ils définissent également une rétribution minimale pour les stagiaires, égal à 15% du plafond horaire de la sécurité sociale. En pratique nombre d’entreprises n’hésitent pas à dépasser ce chiffre (569 euros mensuels au taux actuel) : selon les données d’AJstage qui a réalisé une étude sur le sujet, la rémunération moyenne des stagiaires s’établit à 747 euros en 2018. Des disparités existent cependant en fonction des filières : les élèves ingénieurs sont les mieux payés (en moyenne 802 euros) quand les étudiants des universités flirtent avec les minima, avec 577 euros de rétribution moyenne.

Le stage et la Responsabilité sociale des entreprises

Le stage demeure pour l’entreprise un véritable enjeu social et d’attractivité, en accompagnant les étudiants et les personnes en formation vers le monde professionnel. La RSE (responsabilité sociale des entreprises) valorise l’ensemble des missions qui sont à la fois bénéfiques économiquement, positives pour la société et durables en matière d’environnement. Aujourd’hui, les grands groupes intègrent un certain nombre de problématiques liées à la RSE à leur cahier des charges et s’engagent. Ainsi, EDF s’est fixé une série d’objectifs, dont elle publie les résultats chaque année, dans plusieurs domaines : la précarité énergétique, le changement climatique, la biodiversité, le dialogue et la concertation… Comme d’autres structures, elle a également placé le développement humain, qui vise notamment à la promotion sociale, au cœur de sa démarche RSE. Preuve qu’au-delà des avantages que peuvent tirer les stagiaires de leur initiation à l’entreprise, leurs passages s’intègrent aujourd’hui pleinement à une volonté générale de mieux vivre et de recherche de sens dans le monde professionnel.

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