Investissements, placements, patrimoine… où sont les femmes ?

UFF Union Financière de France
  • Publié le: jeudi 8 mars 2018

Alors que les inégalités économiques entre les hommes et les femmes se réduisent progressivement, des différences notables entre les sexes continuent de persister dans l’acquisition et la gestion de son patrimoine. Mais si les femmes ont en moyenne un patrimoine moindre par rapport à leurs homologues masculins, une étude de l’IFOP et de l’ UFF (Union Financière de France) révèle qu’elles ont un rôle plus important dans le choix des placements et de l’épargne au sein du couple.

 

Ces dernières années, le combat pour l’égalité entre les genres s’est principalement concentré sur la question de la rémunération. Dans les années 50, les femmes employées à temps complet ne touchaient en moyenne que les deux tiers d’un salaire masculin, à qualifications égales. Cet écart s’est progressivement réduit dans les décennies suivantes, mais tarde à atteindre l’égalité parfaite : en 2018, les femmes perçoivent en moyenne 81,4 % du salaire des hommes (autrement dit, elles ont encore un salaire de 18,6 % inférieur par rapport aux hommes).

Mais alors que les inégalités salariales se réduisent, elles augmentent en ce qui concerne le patrimoine. En 2018, le patrimoine d’une femme est environ inférieur de 13 % par rapport à celui d’un homme. En 1998, cet écart était de… 8,4 %. Comment en est-on arrivé là ? L’attention particulière sur la question des salaires aurait-elle masqué le sujet du patrimoine ?

 

Inégalités de patrimoine

Il n’y a que deux voies pour accumuler du capital : l’héritage et l’épargne. Comme la loi interdit strictement de favoriser l’un de ses enfants, ses fils par rapport à ses filles par exemple, cette inégalité ne peut provenir que de l’épargne.

Deux phénomènes se croisent : d’abord, la persistance des différences de salaires entre les genres. Mais jusqu’au début des années 2000, cette différence était en partie compensée par le patrimoine constitué dans le cadre du mariage : les investissements immobiliers effectués par le mari étaient « mis en commun », et devenaient mécaniquement aussi le patrimoine de sa compagne. Mais désormais, les couples se marient plus tardivement, les divorces et la cohabitation hors mariages deviennent plus fréquents. Enfin, parmi les couples qui se marient, la proportion de ceux ayant opté pour un régime de séparation de biens a aussi fortement progressé.

Conséquence : les différences de revenus entre les sexes, toujours persistantes, ne sont plus compensées par le patrimoine constitué en commun au moment du mariage. Ceci explique pourquoi l’écart moyen entre la valeur du patrimoine constitué par une femme et celui d’un homme a augmenté et soit passé de 8,4 % en 1998 à 13 % aujourd’hui. Les femmes ont donc relativement moins de patrimoine que les hommes, mais selon une étude de l’IFOP et l’UFF elles sont beaucoup plus impliquées dans la gestion de celui-ci !

 

Selon une étude de l’ UFF, les femmes sont incontournables dans la constitution d’un patrimoine dans un couple

À l’occasion de la journée de la femme en 2017, la banque UFF et l’institut de sondage IFOP s’étaient livrés à une analyse du rapport qu’entretenaient les Françaises avec leurs investissements et leurs finances. Leur gestion du patrimoine serait essentiellement dictée par la recherche de l’indépendance de la sécurité : 39 % d’entre elles souhaitent se constituer une épargne en cas de difficulté financière, 33 % pour se constituer un complément de revenu en prévision de la retraite, et seulement 26 % pour financer des projets personnels.

Une appétence prononcée pour les placements sécurisants et sûrs : 43 % des femmes orientent leurs choix d’investissements vers l’immobilier ou l’assurance-vie. D’ailleurs, les trois quarts des sondées se considèrent comme des investisseures prudentes. Enfin, l’étude de l’UFF révèle un point essentiel : si les femmes peuvent paraître plus raisonnable et réfléchies que les hommes quand il s’agit d’investir leur argent, elles s’impliquent particulièrement dans les choix des placements financiers. Près de 85 % d’entre elles déclarent être décisionnaires dans ces décisions, et 42 % d’entre elles affirment même être le seul décideur final.

Au-delà des célébrations habituelles et convenues, la journée internationale des droits de la femme est aussi l’occasion de rappeler ces réalités sociales et économiques : loin d’être marginalisées, les femmes sont au cœur du processus de décision des investissements dans leurs couples. Des gestionnaires plutôt prudentes, mais qui détiennent en moyenne un patrimoine moins important que leurs homologues masculins. Un différentiel provoqué par les évolutions de la société et surtout la persistance des inégalités de revenus. Un sujet souvent abordé, mais toujours pas réglé. Depuis quelques semaines, la législation islandaise impose aux entreprises de prouver, documents à l’appui, qu’elles payent autant les femmes que les femmes à poste égal. Une lourde sanction financière attend les groupes qui ne respecteraient pas la loi. Un modèle à suivre en France ?

 

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