Emploi des jeunes : record historique pour l’apprentissage

L'apprentissage bat tous les records
  • Publié le: mardi 7 décembre 2021

C’est du jamais vu pour l’apprentissage qui semble être devenu une des voies de recrutement préférées de nombreuses entreprises telles que le Club Med, Celside Insurance ou Véolia. Ainsi, à la suite du succès du plan « 1 jeune, 1 solution », le gouvernement a annoncé le 13 octobre vouloir simplifier les parcours d’accompagnement.

« Nous avons demandé beaucoup de sacrifices à notre jeunesse pendant la crise sanitaire et le confinement pour protéger nos aînés, aujourd’hui il est de notre devoir de leur renvoyer l’ascenseur », expliquait la ministre du Travail de l’Emploi et de l’Insertion en juillet 2020 à l’occasion du lancement du plan « 1 jeune 1 solution ». Pour rappel, au sortir de la pandémie ce plan d’urgence avait pour but de promouvoir l’apprentissage des jeunes, notamment via une prime à l’embauche pour les entreprises (5000 euros pour un mineur, 8000 pour un majeur). 

Le 13 octobre dernier, à la suite du Conseil des ministres, le bilan d’étape de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté indiquait que devant le succès du plan (plus de 3 millions de jeunes âgés de 16 à 25 ans en ont bénéficié) la priorité serait dorénavant donnée à la simplification des parcours d’accompagnement des allocataires du RSA, pour faciliter leur entrée sur le marché du travail.

Un dispositif qui connaît un succès jamais vu…

Le regain d’intérêt pour le contrat d’apprentissage s’explique par la combinaison de deux facteurs. Le premier est d’origine structurelle : en 2018, la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail indiquait que « l’incertitude vis-à-vis de l’environnement économique et le besoin de tester les compétences du salarié avant un recrutement plus durable » étaient deux des raisons principales expliquant le recours aux alternatives au CDI (CDD, etc.). Le second facteur quant à lui est d’ordre conjoncturel puisqu’avec son caractère inédit, la pandémie n’aura fait qu’accentuer cette incertitude et ce besoin. 

Résultat ? Les entreprises, afin de réduire les risques liés à l’embauche, se sont « jetées » sur les apprentis. Il s’agit même d’un record historique selon le ministère du Travail, avec plus de 500 000 contrats signés en 2020, dont 495 000 dans le secteur privé ! Mais les entreprises n’ont pas attendu la crise sanitaire pour comprendre l’intérêt de l’apprentissage.

… mais qui avait déjà trouvé son public

Olivier Bergeret, directeur des ressources humaines Europe Afrique du Club Med expliquait dès 2018 : « c’est un dispositif gagnant-gagnant. Le candidat vit une expérience professionnelle, il est formé et rémunéré et obtient une qualification qui développe son employabilité ». Même constat chez Celside Insurance, qui lançait en juin dernier la 5e édition de son programme d’alternance qui « permet à de jeunes talents d’apprendre un métier puis d’entrer rapidement et sereinement sur le marché de l’emploi ». 

Chez les multinationales aussi, on a souvent recours à l’apprentissage comme Veolia qui déclare, par l’intermédiaire d’Olivier Carlat, Directeur de la formation et du développement social, recruter « à peu près 1000 contrats en alternance chaque année en France. » Le secteur public n’est pas en reste, l’apprentissage y a également le vent en poupe puisqu’on enregistrait environ 40 000 contrats en 2020. Preuve que l’État souhaite encourager le plus possible l’emploi des jeunes, qui stagne depuis presque deux décennies.

Un dispositif clé pour faire reculer le chômage avant la présidentielle

En effet, si le taux de chômage est revenu à son niveau d’avant crise au premier trimestre 2021 (8,1 %), il est une tranche d’âge pour lequel ce dernier ne « connaît pas la crise » selon l’INSEE : celle des 15-24 ans. 

Pour ces derniers, le taux d’emploi oscille constamment entre 27 et 32 % depuis presque deux décennies et constitue donc un levier qui n’a pas été réellement actionné par les gouvernements successifs mais, qui pourrait l’être par l’intermédiaire de l’apprentissage.

L’enjeu est capital pour l’exécutif en cette année d’élection présidentielle : présenter un bilan inédit au XXIe siècle concernant l’emploi des jeunes (et l’emploi en général) pourrait être un avantage considérable afin de convaincre les Français de redonner leur confiance pour 5 ans de plus.

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