Face à la canicule, la Corée du Nord recommande de manger de la soupe avec un ingrédient particulier et ça fait débat

Pendant que la Corée du Sud interdit la viande de chien, Kim Jong-un en fait un remède national contre la canicule. Un contraste saisissant entre deux pays voisins, révélateur d’une propagande bien huilée.

Publié le
Lecture : 2 min
Face à la canicule, la Corée du Nord recommande de manger de la soupe avec un ingrédient particulier et ça fait débat
Face à la canicule, la Corée du Nord recommande de manger de la soupe avec un ingrédient particulier et ça fait débat © Social Mag

Kim Jong-un a préconisé à la population nord-coréenne de consommer de la soupe de viande de chien pour faire face à la vague de chaleur qui frappe le pays. Le dimanche 2 août 2026, le Rodong Sinmun, journal du Parti du travail de Corée, a publié plusieurs conseils de santé alors que les températures dépassent 40 °C dans certaines régions, rapporte le South China Morning Post.

Le journal a inclus cette soupe, appelée localement « dangogi guk », parmi les aliments hautement nutritifs, aux côtés de la bouillie de poisson et de la bouillie de haricots rouges. La télévision de Pyongyang la présente comme rafraîchissante et très nutritive.

Un médecin, interrogé par un média d’État nord-coréen, la décrit comme un « tonique traditionnel » censé prévenir les maladies « cardiovasculaires, le diabète et l’hyperthyroïdie », des pathologies qui peuvent s’aggraver « en raison de l’épuisement dû à la chaleur et du coup de chaleur ».

Le plat occupe depuis longtemps une place particulière dans la culture culinaire nord-coréenne. Pyongyang en fait la promotion depuis de nombreuses années : des restaurants haut de gamme spécialisés lui sont dédiés le long du fleuve Taedong, des concours de cuisine sont organisés chaque année dans la capitale et certaines recettes régionales figurent au patrimoine culturel du pays.

Le South China Morning Post y voit un « moyen patriotique de supporter la chaleur ». Reste que la soupe demeure onéreuse, hors de portée de la plupart des citoyens malgré sa popularité affichée. Ri Chol, ancien diplomate nord-coréen, confirme sa notoriété dans le Nord.

Un contraste frontal avec la politique sud-coréenne

Cette valorisation officielle tranche avec le choix fait de l’autre côté de la frontière. En 2024, la Corée du Sud a promulgué une loi interdisant l’élevage, l’abattage, la distribution et la vente de chiens destinés à la consommation humaine, dans un pays où l’animal est de plus en plus considéré comme un compagnon plutôt qu’une source alimentaire.

Pendant que Séoul démantèle la filière, Pyongyang en fait un geste de santé publique et un symbole de résistance à la chaleur.

La vague de chaleur touche l’ensemble de la péninsule depuis début août 2026. En Corée du Nord, les températures ne redescendent pas sous 25 °C la nuit, selon La Dépêche. La télévision d’État diffuse des images de plages bondées, de parcs aquatiques pleins et de familles profitant du soleil, un tableau soigneusement cadré par le pouvoir qui laisse de côté ceux qui n’ont sans doute pas accès à ces infrastructures. Les capacités sanitaires du pays, plus limitées, ne transparaissent jamais dans ces images officielles.

Au sud, la même canicule a déjà fait des morts et provoqué de lourdes pertes agricoles, avec des centaines de milliers d’animaux d’élevage tués, selon une information de CNN reprise par la plateforme suisse Watson.

Dans un pays marqué par les pénuries chroniques et des services de santé fragiles, mettre en avant la soupe de chien permet au régime de proposer un récit simple, ancré dans certaines traditions locales, sans avoir à reconnaître l’ampleur des risques posés par la chaleur extrême. Le message officiel mêle alimentation, santé et fidélité au pays : manger ce tonique traditionnel reviendrait à protéger son corps tout en affichant son attachement à la nation.

Suivez-nous sur Google NewsSoutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités.

Laisser un commentaire

Share to...