Enseignement supérieur en Afrique subsaharienne : Telecel montre la voie

  • Publié le: vendredi 4 octobre 2019

Comme Telecel Group, qui a investi dans Lucas University au Niger, de nombreux acteurs privés pourraient investir dans l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest et Centrale, afin de pallier les carences qui existent actuellement. Moins de 20 % des professeurs des universités, par exemple, sont détenteurs d’un doctorat.

L’Afrique est souvent présentée, depuis la fin du siècle dernier, comme l’eldorado des investisseurs. Les capitaux pleuvent littéralement sur certains pays du continent, maintenant des taux de croissance très élevés – à faire pâlir ceux de nos « vieux » Etats – et développant ici ou là des infrastructures nécessaires. Problème : ces investissements ne profitent pas encore à la population africaine. Un paradoxe que pourrait gommer une meilleure allocation des ressources, plus stratégique, vers l’enseignement supérieur. Les jeunes Africains ainsi formés pourraient pleinement bénéficier des investissements étrangers.

En 2017 déjà, le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) estimait qu’ « une collaboration et un partenariat plus étroits entre l’industrie et les institutions académiques en Afrique sont impératifs pour relever les multiples défis auxquels sont confrontés les établissements d’enseignement supérieur dans cette région ». Ceci, notamment, en Afrique occidentale et centrale, où « les systèmes d’enseignement supérieur manquent de spécialisation régionale adéquate. […]

L’enseignement supérieur en Afrique rencontre de grandes difficultés pour parvenir à une masse critique de professeurs de qualité », affirmait également le GPE.
L’une des raisons avancées est la croissance démographique africaine. Les effectifs scolarisés en Afrique subsaharienne sont passés de 200 000 à 4,5 millions entre 1970 et 2008, selon la Banque mondiale. Une augmentation fulgurante à laquelle ont été mal préparées les universités et autres structures d’enseignement supérieur, qui ont tenté malgré tout d’ « offrir » à leurs jeunes des places dans leurs établissements, mais bien souvent au détriment de la qualité de l’enseignement. On estime à moins de 20% par exemple les professeurs universitaires détenteurs d’un doctorat.

Dans leurs objectifs de développement durable pour 2030, les Nations unies (ONU) ont clairement désigné l’augmentation « du nombre d’enseignants qualifiés », dans « les pays d’Afrique »  comme priorité. L’objectif est que toutes les jeunes filles et tous les jeunes garçons puissent bénéficier d’un « apprentissage véritablement utile » et, in fine, disposent de « compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat ». Un objectif qui ne pourra se réaliser, d’après l’ONU, sans un travail structurel sur les inégalités de sexe, encore tenaces dans le monde de l’éducation africain.

Telecel Group, et après ?

L’Afrique subsaharienne, nouvel « eldorado » de l’enseignement supérieur ? Oui, si l’on en croit l’inadéquation entre la demande et l’offre en matière d’éducation. Au Niger, par exemple, l’opérateur de téléphonie Telecel Group a choisi d’investir dans Lucas University, un établissement qui offre des formations internationales et professionnalisantes, en langue française mais avec un apprentissage renforcé de l’anglais. Au menu : « Des programmes bilingues, des cours interactifs, des classes à effectifs restreints ; des méthodes modernes basées sur des études de cas [et] un engagement en faveur de l’employabilité »expliquait en 2018 le professeur Toufic Tasso, président de cette université internationale.

Pas peu fier de sa nouvelle « carte » d’enseignements, ce dernier espère ainsi que les élèves formés pourront investir le monde professionnel dans leur propre pays, qui voient trop souvent les retombées économiques de la croissance échoir dans des poches étrangères. C’est pourquoi l’offre de formation doit être adaptée aux exigences actuelles du marché de l’emploi, et par conséquent, aux filières porteuses, telles que l’entrepreneuriat, l’agriculture, les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les énergies renouvelables.
La France, qui dispose d’établissements à la pointe en la matière, a d’ores et déjà noué plusieurs partenariats (HEC et Institut Mines-Telecom), qui en appellent nécessairement d’autres à l’avenir.

 

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