Fait rarissime : Crédit Agricole paralysé par une grève nationale ce jeudi

Une grève inédite secoue le Crédit Agricole, alors que 3,2 milliards d’euros de bénéfices ne semblent pas bénéficier aux employés.

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Fait rarissime : Crédit Agricole paralysé par une grève nationale ce jeudi
Fait rarissime : Crédit Agricole paralysé par une grève nationale ce jeudi © Social Mag

Ce jeudi 22 janvier 2026, le secteur bancaire en France est secoué par une importante mobilisation : des milliers de salariés du Crédit Agricole ont lancé un mouvement de grève. Ils protestent contre des décisions internes de mutualisation, des suppressions de postes et l’échec des négociations salariales. Alors que le groupe a annoncé des bénéfices substantiels de 3,2 milliards d’euros entre janvier et septembre 2025, le ras‑le‑bol des employés est palpable, une situation rare dans l’histoire du secteur bancaire. En Normandie, où les perturbations risquent d’être importantes, la grève envoie un avertissement clair à la direction.

Une mobilisation qui touche toute la France

L’appel à la grève vient d’une intersyndicale qui regroupe cinq syndicats : CGT, Syndicat national de l’entreprise Crédit Agricole (Sneca), Syndicat national des agents du Crédit Agricole (Sniacam), Sud‑Crédit Agricole Mutuel (Sud‑Cam), et Unsa. Il concerne environ 78 000 salariés sur tout le territoire. Ces organisations représentent les deux tiers des employés de l’institution, ce qui donne une idée de l’ampleur du mouvement.

Les motifs sont multiples :

  • suppressions de postes
  • mutualisation des métiers dans les caisses régionales
  • baisse du coefficient d’exploitation de 58 % à 55 %
  • proposition d’augmentation salariale nationale jugée dérisoire à 0,44 %

À cela s’ajoute une dégradation des conditions de travail, qui alimente le mécontentement.

Les syndicats et le syndicaliste Vincent Roussière décrivent la grève comme « presque un fait inédit », en rappelant une mobilisation comparable en 2005.

Ce qui se passe en Normandie

La Normandie est particulièrement touchée. La région compte environ 2 000 salariés répartis dans 150 agences, et la grève pourrait conduire à la fermeture d’au moins six agences, dont trois dans la Manche. Les agences qui resteront ouvertes fonctionneront « de façon dégradée ».

Dans la région, Sud‑Cam et Unsa poussent fortement la mobilisation : ils demandent à chaque salarié de cesser le travail au minimum pendant deux heures, avec la possibilité d’étendre cet arrêt à une demi‑journée ou à une journée complète.

Vincent Roussière, secrétaire du CSE (CSE : comité social et économique) et représentant de Sud basé à Caen, insiste sur la gravité de la situation : « Cela paraît peu, mais c’est inédit chez nous. Une mobilisation aussi franche remonte à 2005. », relaye actu.fr. Il dénonce aussi l’absence de reconnaissance salariale alors que la banque réalise des bénéfices records. L’échec des négociations locales, survenu vendredi dernier, renforce la détermination des salariés à se faire entendre.

La réponse face aux bénéfices records

Le contraste entre la situation financière du Crédit Agricole et les revendications des salariés est frappant. Les 3,2 Md€ de bénéfices réalisés lors des trois premiers trimestres de 2025 ne semblent pas se traduire pour les employés. Ils dénoncent notamment l’absence de remplacements pour les arrêts de longue durée ou les congés maternité, ce qui dégrade les conditions de travail.

Les salariés veulent « donner un coup de poing sur la table », selon Vincent Roussière, et espèrent ainsi pousser la direction à répondre à leurs attentes. Ce mouvement remet en lumière la gestion des ressources humaines et la politique salariale dans une entreprise qui se revendique mutualiste, comme le Crédit Agricole. Face à une économie bancaire peu habituée à ce type de mobilisation, la grève pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre la direction et les employés.

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