Grippe : la reprise de l’épidémie inquiète face à la hausse des cas chez les enfants

Alors que l’hiver bat son plein, les cas de grippe repartent à la hausse, mettant en alerte les experts en santé publique. Après un léger répit fin décembre 2025, les données épidémiologiques montrent une reprise des consultations pour syndrome grippal, particulièrement marquée chez les enfants, ce qui suscite des inquiétudes quant à une possible propagation à la population adulte et à une nouvelle vague épidémique en France, selon le dernier bilan de Santé publique France.

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Grippe : la reprise de l’épidémie inquiète face à la hausse des cas chez les enfants
Grippe : la reprise de l’épidémie inquiète face à la hausse des cas chez les enfants © Social Mag

À la mi‑janvier 2026, l’épidémie de grippe a repris de l’intensité sur le territoire français, après une période d’accalmie observée à la fin de décembre 2025. Cette tendance est attestée par les données de surveillance hebdomadaire publiées dans le bulletin national des infections respiratoires aiguës du 14 janvier 2026 de Santé publique France. Elle se manifeste par une recrudescence des consultations pour syndrome grippal, en particulier chez les enfants de moins de 15 ans, ravivant la crainte d’une transmission accrue vers les adultes et d’une possible aggravation de l’épidémie dans les semaines à venir.

L’épidémie repart à la hausse, selon les autorités sanitaires

L’analyse récente des indicateurs sanitaires par Santé publique France montre que l’activité de la grippe, après avoir diminué fin décembre 2025, est revenue à la hausse début janvier 2026. Ainsi, le taux de consultations pour syndrome grippal, calculé à partir du réseau Sentinelles/IQVIA, était estimé à 256 pour 100 000 habitants en semaine 02 (du 5 au 11 janvier 2026), contre 233 pour 100 000 habitants en semaine 01. Cette augmentation indique une circulation active des virus grippaux sur toute la France, tous âges confondus.

Les données épidémiologiques confirment également que cette reprise est particulièrement prononcée chez les enfants. La même semaine, l’activité pour syndromes grippaux a fortement augmenté chez les moins de 15 ans, selon les informations issues du bulletin national. Chez les adultes, l’activité observée en médecine de ville reste modérée, mais la tendance générale montre une reprise après une baisse précédente.

Ces constats rejoignent les observations de professionnels de santé. Les consultations en médecine de ville pour grippe ont repris de la vigueur après un bref répit à la fin de l’année 2025, signe que l’épidémie ne s’est pas définitivement stabilisée. Un autre point qui attire l’attention des experts est la circulation virale persistante, notamment des virus grippaux de type A, qui dominent largement, avec une co‑circulation des sous‑types A(H1N1)pdm09 et A(H3N2). Cela signifie que la grippe reste la principale cause d’infections respiratoires aiguës observées à ce stade de la saison hivernale.

Les enfants en première ligne : vecteurs potentiels d’une nouvelle vague.

Les données les plus récentes montrent que la reprise épidémique est particulièrement nette chez les enfants, notamment les moins de 15 ans, ce qui alerte les autorités. Selon les données de surveillance, l’augmentation des consultations pour syndrome grippal chez cette tranche d’âge est bien plus marquée que chez les adultes, après la rentrée scolaire début janvier. Cette dynamique a des implications importantes : les enfants sont souvent vecteurs de transmission dans la communauté, ce qui peut accélérer la propagation vers les populations plus âgées et plus vulnérables. Le pédiatre Robert Cohen, interrogé par Europe 1 souligne : « Les enfants sont les vecteurs de l’épidémie. Il a été recommandé de vacciner les enfants pour les protéger eux-mêmes mais aussi pour protéger aussi les autres. Les enfants ne sont pas vaccinés, l’épidémie est massive.», illustrant l’importance d’une surveillance accrue dans les milieux scolaires et familiaux.

Au niveau des passages aux urgences, le bulletin épidémiologique note que 12 258 passages pour syndrome grippal ont été enregistrés en semaine 02, représentant 3,5 % de l’ensemble des passages. Bien que ce chiffre soit légèrement inférieur à la semaine précédente, il reste significatif pour un virus dont l’activité avait semblé faiblir. Dans les hôpitaux, les hospitalisations après passage aux urgences pour syndrome grippal représentaient 4,2 % du total, montrant que la grippe continue de peser sur le système de santé, même si les niveaux ne sont pas au plus haut de la saison.

Vaccination contre la grippe, une protection inégale

Face à cette reprise épidémique, la vaccination contre la grippe demeure l’un des moyens les plus efficaces pour limiter la propagation du virus et atténuer la sévérité des cas chez les personnes à risque. Selon les données disponibles au 31 décembre 2025, la couverture vaccinale en France était estimée à 46,3 % chez l’ensemble des personnes ciblées, une progression par rapport à la saison précédente, mais encore loin des niveaux souhaités.

Chez les personnes de 65 ans et plus, la couverture vaccinale atteignait 53,3 %, et chez les moins de 65 ans à risque de formes graves, elle s’élevait à 27,1 %. Bien que ces chiffres montrent une amélioration, ils suggèrent que une partie importante de la population reste non ou insuffisamment vaccinée, ce qui peut contribuer à une circulation virale élevée et à des hospitalisations évitables.

Les premières estimations de l’efficacité du vaccin cette saison indiquent une efficacité modérée globale de 36,5 % contre les infections symptomatiques, avec des variations selon les tranches d’âge : 61 % chez les 0‑17 ans, 46 % chez les 18‑64 ans et 26,3 % chez les 65 ans et plus. Ces estimations montrent que, même si le vaccin ne protège pas totalement contre l’infection, il reste un outil précieux pour réduire les risques de formes graves et la pression sur les hôpitaux.

Outre la vaccination, les autorités sanitaires insistent sur l’importance des gestes barrières pour freiner la transmission : se laver régulièrement les mains, porter un masque en cas de symptômes et aérer les pièces fréquentées par plusieurs personnes. Ces mesures restent essentielles, notamment dans les milieux collectifs fréquentés par les enfants.

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