Le cumul emploi-retraite, qui permet aux retraités de toucher à la fois une pension et des revenus d’activité, occupe une place de plus en plus importante dans l’économie française, surtout depuis la réforme des retraites. Pourtant, ce dispositif fait actuellement l’objet de vives critiques en raison d’une « double imposition » que subiraient certains bénéficiaires. C’est le député Jérôme Nury qui s’alarme des effets négatifs liés aux méthodes de calcul de la Contribution Sociale Généralisée (CSG).
Les enjeux du cumul emploi-retraite et la CSG
Le cumul emploi-retraite s’est imposé comme une solution flexible pour ceux qui veulent rester actifs tout en profitant de leur pension. Cependant, Jérôme Nury critique vivement ce système, qu’il trouve inéquitable pour les retraités travailleurs. Selon lui, ces derniers se retrouvent embourbés dans une double imposition à cause de la CSG et de la CRDS (Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale), avec des paliers qui font grimper leur charge fiscale.
La CSG, indispensable pour financer la protection sociale en France, est prélevée directement sur l’ensemble des revenus. Pour les revenus d’activité, son taux est de 9,2 %, dont 6,8 % sont déductibles de l’impôt sur le revenu et 2,4 % ne le sont pas. Concernant les pensions de retraite, le taux varie entre 0 % et 8,3 % en fonction du revenu fiscal de référence (RFR) et du nombre de parts fiscales.
Les failles du mode de calcul
Le problème vient de l’intégration du RFR dans le calcul du taux de CSG sur les pensions. La part non déductible de la CSG prélevée sur les revenus d’activité peut considérablement faire grimper le RFR d’un retraité. Ce mécanisme peut alors pousser certains retraités à se retrouver sous un taux d’imposition plus élevé. Jérôme Nury souligne que cela « facilite les effets de seuils » et conduit à une augmentation non méritée des prélèvements fiscaux pour ceux qui cumulent emploi et retraite.
Cette situation crée un sentiment d’injustice parmi les retraités qui voient leurs efforts pour continuer à travailler se heurter à un système fiscal jugé peu équitable.
La réponse du gouvernement : statu quo
Face à ces critiques, le ministère des Comptes publics a réagi le 19 août 2025, en précisant que cette situation reflète simplement le fonctionnement habituel du système fiscal français. Pour eux, « les retraités qui continuent à exercer une activité professionnelle sont donc en effet prélevés sur leur nouveau salaire et sur leur pension de retraite ». Selon le ministère, ces prélèvements supplémentaires correspondent aux « facultés contributives du foyer », ce qui respecte le principe d’égalité devant les charges publiques.
Le gouvernement n’envisage donc pas de modifier les méthodes de calcul ou les taux appliqués dans les cas de cumul emploi-retraite. Cette position laisse peu d’espoir aux retraités qui attendaient un allègement fiscal prochain.
Une polémique qui persiste
La question soulevée par Jérôme Nury dès le 3 décembre 2024 reste sans réponse satisfaisante pour le moment. Alors que l’économie française continue d’évoluer et que l’âge moyen de départ à la retraite tend à augmenter, il est important d’examiner de près comment les politiques fiscales affectent ceux qui choisissent ou se voient contraints de travailler même après avoir atteint l’âge légal de la retraite.
Ce débat met en lumière des interrogations sur l’équité fiscale et la valorisation du travail après la retraite. Les retraités concernés sont invités à suivre ce dossier de près et à faire part de leurs inquiétudes aux responsables politiques afin de pousser une éventuelle révision du système actuel.


