Le Complément de libre choix du mode de garde (CMG), qui aide les familles françaises à financer la garde d’enfant, s’apprête à être profondément modifié. À partir du 1er octobre 2025, une nouvelle formule doit entrer en vigueur, avec la promesse d’une aide simplifiée. Mais ces réformes sociales suscitent beaucoup d’inquiétude chez les familles et les professionnels du secteur. Voyons pourquoi cette réforme fait tant parler d’elle et quelles pourraient être ses conséquences.
Le dispositif se refait une santé
Le CMG aide financièrement les parents qui emploient des assistantes maternelles, des garde à domicile, ou qui fréquentent des structures comme les crèches et les halte-garderies. La nouvelle version modifie le mode de calcul des aides : le dispositif devient « plus personnalisé » avec des critères basés sur les ressources mensuelles, le nombre d’enfants, le coût horaire de la garde, et le nombre d’heures de garde par mois. La réforme supprime aussi certaines limites, comme la distinction d’âge ou l’obligation de laisser au moins 15 % du coût à la charge des familles nombreuses.
Des objectifs ambitieux, des conséquences incertaines
Officiellement, l’idée est d’harmoniser les aides pour réduire les écarts perçus comme injustes et rendre le système plus lisible. Des évaluations sont prévues à 12 et à 18 mois après la mise en place pour mesurer le résultat. Pourtant, des acteurs comme l’UNAF (Union nationale des associations familiales) et la CGT services à la personne (branche de la Confédération générale du travail) alertent sur des effets potentiellement néfastes. Ces organisations relayent les remarques d’assistantes maternelles et de parents qui dénoncent un impact social potentiellement néfaste.
Parents et pros : retours et inquiétudes
Les témoignages, recueillis dans Madmoizelle, font état d’une vraie inquiétude. Angélique, assistante maternelle, a lancé une pétition qui a rapidement réuni près de 5 000 signatures. Elle affirme que « des milliers de parents employeurs sont en grande détresse face aux nouvelles charges financières ». Dans les commentaires liés à la pétition, on parle de suppressions de contrats, de réductions d’heures de travail et d’une insécurité professionnelle grandissante.
Il y a bien quelques retours neutres, voire positifs, mais la majorité reproche au dispositif d’être « mal calibré et injuste ». Un représentant de la CGT estime que 42 % des parents seraient « perdants ».
La réponse des institutions
Face à ces critiques, le gouvernement maintient sa ligne en indiquant que des ajustements pourront être envisagés. Pauline Domingo, de la DGCS (Direction générale de la cohésion sociale), insiste sur le fait que l’évaluation du nouveau dispositif est une priorité. L’UNAF et la CGT invitent les parents à témoigner des conséquences qu’ils subissent, tandis que l’État promet une hausse progressive des salaires médians pour les assistantes maternelles.

