La Grèce accueille 38 millions de touristes par an pour 10 millions d’habitants : elle interdit désormais transats et bars sur des centaines de plages

La Grèce protège désormais 251 plages face au surtourisme.

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La Grèce accueille 38 millions de touristes par an pour 10 millions d'habitants : elle interdit désormais transats et bars sur des centaines de plages
La Grèce accueille 38 millions de touristes par an pour 10 millions d’habitants : elle interdit désormais transats et bars sur des centaines de plages © Social Mag

À l’approche de l’été, la Grèce durcit ses mesures pour lutter contre le surtourisme, un phénomène qui, même s’il représente une source de revenus majeure pour l’économie locale, pèse lourd sur l’environnement et sur les infrastructures. La décision de protéger douze nouvelles plages montre la volonté des autorités grecques de préserver la beauté naturelle du pays tout en conciliant les enjeux économiques.

Pourquoi protéger ces plages et comment ça se met en place

Le gouvernement grec a porté la liste des plages protégées à 251 sites, en ajoutant douze plages supplémentaires réparties entre les îles de Corfou, Koufonisia, la Crète, Leucade ainsi que dans le golfe de Patras. L’initiative, annoncée dans un communiqué conjoint des ministères de l’Économie et de l’Environnement, vise à « protéger efficacement les plages présentant une valeur esthétique, géomorphologique ou écologique particulière », rapporte BFMTV.

Ces plages sont désormais soumises à des restrictions strictes. Les règles interdisent notamment les transats, les bars, la musique et les installations permanentes comme les cabanons ou les parasols en location. D’autres mesures prévoient l’interdiction de véhicules, des rassemblements de plus de dix personnes et l’usage de musique amplifiée. L’objectif affiché est de préserver l’état naturel des plages et d’éviter la surcharge liée au tourisme de masse.

Tourisme, économie et environnement : où on en est

Le tourisme reste une colonne vertébrale de l’économie grecque, représentant environ 30 % du PIB du pays. En 2025, la Grèce a accueilli un record de 38 millions de touristes, soit une croissance de 5,6 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse régulière montre l’importance de mieux réguler les arrivées pour limiter les conséquences négatives sur l’environnement et le patrimoine culturel.

Parallèlement à la protection des plages, d’autres mesures sont mises en place pour maîtriser les effets du tourisme : restriction de certains permis de construire, hausse des taxes d’hébergement et limitation du nombre de visiteurs sur des sites emblématiques comme l’Acropole à Athènes. Une taxe de 20 € par passager de navire de croisière a aussi été instaurée pour les accostages en haute saison sur des îles telles que Santorin et Mykonos.

Ce que ça change pour les habitants

Au-delà de la préservation de l’environnement, le surtourisme pèse sur la vie locale. L’île de Milos, qui compte 5 000 habitants, fait face à une explosion de projets hôteliers, ce qui renforce la nécessité de protéger l’identité de l’île tout en organisant un développement contrôlé. Le maire a récemment annulé un permis de construire pour un important hôtel de luxe, signe d’une volonté de gestion touristique plus stricte.

Des tensions restent présentes : les habitants protestent contre la hausse des prix de l’immobilier, l’augmentation du coût de la vie et la pression sur les ressources en eau, tous accentués par l’afflux de visiteurs. Même si le secteur touristique a contribué à une baisse notable du chômage (de 25 % en 2015 à 7,5 % aujourd’hui), le modèle économique actuel, qualifié « d’économie des cafés » par une étude de la London School of Economics, reste fragile. La productivité du travail a chuté de 16 % et les salaires réels ont baissé de 26 à 35 %, voire jusqu’à 60 % dans le secteur touristique.

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