Un soutien généralisé pour l’encadrement des loyers
L’encadrement des loyers bénéficie d’un large appui en France, transcendant les clivages habituels. Selon un sondage réalisé par Que Choisir Ensemble du 14 au 17 septembre 2026 auprès de 1 014 participants, 83 % des Français soutiennent cette mesure. De manière surprenante, 71 % des propriétaires bailleurs sont favorables à ce plafonnement, avec une adhésion de 81 % chez ceux possédant un seul bien en location. Du côté des locataires, l’approbation atteint 88 %. Cependant, cette expérimentation doit se terminer le 26 novembre prochain, sauf décision législative pour la prolonger.
Pour les ménages concernés, le dispositif représente un gain notable de pouvoir d’achat, avec des économies pouvant dépasser 500 euros par an en moyenne. À Paris, ces économies se chiffrent à près de 1 700 euros annuels. Le Sénat doit examiner le 21 octobre une proposition de loi pour décider de l’avenir de ce mécanisme, actuellement en vigueur dans environ 70 communes des zones les plus tendues du pays.
Les propriétaires plus favorables que prévu
Les résultats du sondage de Que Choisir Ensemble renversent les idées reçues. Sept propriétaires sur dix se déclarent favorables à l’encadrement des loyers. Le soutien est encore plus marqué chez les petits bailleurs, représentant les deux tiers des propriétaires interrogés, avec 81 % en faveur de la mesure.
L’enquête révèle également que parmi les investisseurs ne projetant pas d’acquérir un bien locatif, seulement 2 % invoquent l’encadrement comme motif de renoncement. Le principal frein reste le coût financier, mentionné par 55 % des répondants, suivi par la crainte de problèmes avec les locataires (23 %). La rentabilité insuffisante arrive en troisième position (7 %), devant la complexité administrative (4 %). Le plafonnement des loyers n’est donc pas perçu comme le principal obstacle à l’investissement locatif.
Des économies réelles pour les locataires
L’encadrement des loyers génère des économies tangibles dans les communes concernées. Selon Que Choisir Ensemble, les ménages économisent plus de 500 euros par an en moyenne. Les montants varient : près de 1 700 euros à Paris, environ 1 200 euros en Île-de-France, et autour de 530 euros à Lyon ou Bordeaux.
Pour les étudiants, souvent confrontés à des tensions locatives, le respect du dispositif dans six grandes villes universitaires permettrait d’économiser environ 46 euros par mois. Sur une année universitaire, cela représente une somme significative pour des budgets souvent serrés. Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que Choisir Ensemble, a exhorté les sénateurs à agir, déclarant qu’abandonner l’encadrement des loyers serait « incompréhensible » dans le contexte économique actuel.
Une mesure encore méconnue
Malgré son impact, l’encadrement des loyers reste peu connu des personnes concernées. Seulement 25 % des Français savent précisément de quoi il s’agit, tandis que 47 % en ont simplement entendu parler et 28 % n’en ont jamais entendu parler. Même chez les propriétaires bailleurs, la confusion est fréquente : parmi ceux qui croient que leur logement est soumis au mécanisme, 65 % se trompent.
Que Choisir Ensemble attribue cette confusion à la méconnaissance entre l’encadrement des loyers et la réglementation des zones tendues, qui limite les augmentations annuelles. Parmi les locataires, 57 % ignorent si leur logement est concerné, même dans les zones d’application, seuls 41 % en sont conscients. Comme d’autres mécanismes de protection des locataires, la méconnaissance des droits fragilise leur application.
Une période d’expérimentation bientôt terminée
En place dans plusieurs grandes villes telles que Paris, Lille, Lyon, et Bordeaux, l’encadrement des loyers repose sur une expérimentation lancée en 2019 qui se termine le 26 novembre 2026. Sans intervention législative, près de 70 communes risquent de perdre cet outil de régulation locative.
Le 21 octobre, le Sénat examinera une proposition de loi de Iñaki Echaniz, adoptée par l’Assemblée nationale en décembre 2025, pour pérenniser et étendre le dispositif. Selon L’Humanité, l’encadrement pourrait disparaître dès le 26 novembre sans action. L’association Alda a interpellé les sénateurs pour réclamer sa sauvegarde.
Une extension souhaitée aux zones tendues
Que Choisir Ensemble souhaite étendre l’encadrement aux zones tendues non couvertes. Les économies potentielles sont estimées à 640 euros par an à Strasbourg, plus de 600 euros à Nice, 580 euros à Annecy, et environ 530 euros à Toulouse et Aix-Marseille. Bien que variables selon le type de logement et le niveau de loyer, ces chiffres illustrent le potentiel du dispositif.
L’association appelle également à renforcer les contrôles et sanctions pour assurer le respect des règles. Dans un marché immobilier tendu, notamment dans les grandes métropoles, l’encadrement est perçu comme un moyen de protéger le pouvoir d’achat. Une économie annuelle de plus de 500 euros représente plus de 40 euros mensuels. Comme pour d’autres aides sociales, la question du pouvoir d’achat des ménages fragiles reste centrale.
Des propriétaires globalement satisfaits
Le sondage révèle que les propriétaires bailleurs ne sont pas majoritairement insatisfaits de leurs investissements. Selon l’enquête, 65 % jugent leur investissement rentable, contre 35 % d’un avis contraire. De plus, 19 % envisagent d’acheter un logement pour le louer dans les cinq prochaines années, bien que seulement 4 % en soient certains.
Le débat législatif au Sénat décidera de la continuation de cet outil de régulation après novembre et de son éventuelle extension à plus de communes. Selon BFM Immo, le marché immobilier traverse une phase de consolidation des prix, avec des baisses modérées dans certaines villes de la petite couronne parisienne. Avec un accès à la propriété compliqué par la hausse des taux d’intérêt et un crédit plus sélectif, la question du loyer est centrale pour de nombreux ménages.
Un enjeu politique pour les parlementaires
L’encadrement des loyers, au-delà des chiffres, touche directement le pouvoir d’achat des citoyens et reflète une vision de la régulation du marché du logement, entre liberté contractuelle et protection des ménages fragiles. Le soutien massif, y compris des propriétaires, suggère que beaucoup considèrent nécessaire une régulation du marché locatif.
La pérennisation et l’extension éventuelle du dispositif aux zones tendues représentent un test pour les parlementaires. Parviendront-ils à répondre au consensus social ou laisseront-ils expirer une expérimentation qui, malgré ses défauts et sa méconnaissance, améliore le pouvoir d’achat de nombreux ménages ? Le vote au Sénat, attendu dans les semaines à venir, déterminera le cadre futur de l’accès au logement dans les métropoles françaises.