Donald Trump retire les États-Unis du GIEC et de 65 autres instances

Le retrait annoncé des États-Unis de 66 instances internationales, dont le GIEC et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, modifie les équilibres de la gouvernance environnementale mondiale. En se détournant d’institutions clés pour la lutte contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité, Donald Trump renoue avec un isolationnisme radical au moment où la coopération multilatérale est plus importante que jamais.

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Donald Trump retire les États-Unis du GIEC et de 65 autres instances
Donald Trump retire les États-Unis du GIEC et de 65 autres instances © Social Mag

Donald Trump, fraîchement réinstallé à la Maison Blanche, a signé, le 7 janvier 2026, un memorandum présidentiel ordonnant le retrait immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales. Parmi elles figurent plusieurs piliers de la gouvernance environnementale mondiale, dont la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), et la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité (IPBES).

Cette décision marque une rupture brutale avec les engagements multilatéraux américains. Dans son communiqué, la Maison Blanche affirme que certaines de ces institutions « opèrent contre les intérêts nationaux des États-Unis », justifiant ainsi leur abandon. Un choix qui, au-delà du symbole, remet en cause l’efficacité collective des politiques environnementales mondiales, en affaiblissant leur principale puissance financière et diplomatique.

Un retrait aux conséquences immédiates pour les accords climatiques

Le désengagement américain concerne 31 entités de l’ONU et 35 organisations non onusiennes, selon Reuters. Ce chiffre totalise 66 retraits qui vont bien au-delà du seul domaine environnemental. Toutefois, le départ des États-Unis de la CCNUCC constitue un tournant historique : cette convention, adoptée en 1992, est le socle juridique de tous les accords climatiques internationaux, y compris l’Accord de Paris de 2015.

Selon Le Monde, c’est la première fois qu’un État membre se retire de la CCNUCC, une situation inédite que résume Manish Bapna, président du Natural Resources Defense Council, en déclarant : « Les États-Unis seraient le premier pays à se retirer de la CCNUCC », souligne la gravité du précédent ainsi créé.

Ce retrait pourrait avoir un effet domino sur d’autres nations réticentes, freinant d’autant la mise en œuvre des engagements climatiques globaux. En se retirant également du GIEC, bras scientifique de la CCNUCC, Washington affaiblit la production d’expertises internationales indépendantes sur le climat, utilisées par les gouvernements pour orienter leurs politiques publiques.

Une fragilisation de la gouvernance mondiale de la biodiversité

Les implications ne se limitent pas au climat. L’IPBES, équivalent du GIEC pour la biodiversité, fait également partie des organisations abandonnées. Or, cette instance produit les rapports les plus détaillés sur l’effondrement de la biodiversité mondiale, désormais reconnu comme un péril aussi majeur que le réchauffement planétaire.

Avec ce retrait, les financements américains vers ces institutions sont interrompus. Le memorandum présidentiel, publié sur le site de la Maison Blanche, exige en effet la « cessation de la participation ou du financement des entités listées dès que possible ». Or, les États-Unis figuraient parmi les premiers contributeurs du GIEC et de l’IPBES. Selon les chiffres consultés, la CCNUCC regroupe 197 parties, et la perte d’un acteur aussi influent ne saurait être compensée aisément.

Les négociations internationales sur la biodiversité, déjà complexes, risquent ainsi de perdre en légitimité et en dynamisme, en l’absence d’une voix américaine structurante. Cela affaiblit également les pressions diplomatiques sur les pays les plus réticents à adopter des mesures contraignantes pour la nature.

Une stratégie de désengagement systématique

Ce mouvement n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une stratégie assumée de retrait systématique, amorcée lors du premier mandat Trump. L’ancien président avait déjà quitté en 2017 l’Accord de Paris, avant que Joe Biden n’y réintègre le pays en 2021. Ce nouveau retrait s’accompagne cette fois d’un désengagement bien plus large, touchant également des instances de santé, de commerce, ou encore de coopération humanitaire.

Le retrait massif de janvier 2026 affiche clairement une volonté de rompre avec le multilatéralisme au profit d’une vision nationaliste et unilatérale. Le climat, la biodiversité et plus largement l’environnement deviennent ainsi des dommages collatéraux d’une posture idéologique, où la collaboration est perçue comme une entrave à la souveraineté.

Ce retrait, s’il est exécuté jusqu’à son terme, pourrait ralentir durablement les dynamiques de coordination globale sur les grandes crises écologiques. Il ouvre aussi une brèche que d’autres pays, notamment parmi les grands émetteurs de gaz à effet de serre, pourraient être tentés d’exploiter pour s’affranchir de leurs engagements.

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