GiFi au bord du gouffre : que vont apprendre les salariés le 20 octobre ?

Le 20 et 21 octobre 2026, un comité social et économique extraordinaire va officialiser auprès des 6 000 salariés de GiFi la situation critique de l’enseigne.

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GiFi au bord du gouffre : que vont apprendre les salariés le 20 octobre ? © Social Mag

Les 20 et 21 octobre 2026, un comité social et économique extraordinaire va annoncer aux 6 000 employés de GiFi la situation alarmante de l’entreprise. Cessation des paiements, dépôt de bilan imminent, redressement judiciaire envisagé : l’incertitude règne parmi les salariés. Révélée par Sud Ouest le 18 octobre 2026, cette nouvelle a ébranlé les 513 magasins à travers le pays. Quels sont les droits des employés et quel soutien social peut leur être fourni alors que l’entreprise vacille ?

Les attentes des 6 000 salariés : l’annonce du CSE extraordinaire

Les 6 000 employés de GiFi représentent une force de travail variée. Environ 600 d’entre eux, soit 10% de l’effectif, travaillent au siège social à Villeneuve-sur-Lot en Lot-et-Garonne. Les 5 400 autres se trouvent dans les 513 magasins, principalement situés dans des villes moyennes et des zones périurbaines. Ces vendeurs, responsables de rayon, logisticiens et gestionnaires de stocks illustrent l’ancrage local d’une marque créée en 1981 par Philippe Ginestet. Certains travaillent dans le même magasin depuis des décennies. Dans le Var, plusieurs magasins emploient chacun entre 15 et 25 personnes, souvent en contrats à temps partiel caractéristiques du commerce de détail.

Le CSE extraordinaire des 20 et 21 octobre 2026 est crucial, car la direction y présentera la situation financière aux représentants du personnel. Pierre Laffore, délégué syndical CFDT, a déclaré à Sud Ouest que l’entreprise ne peut plus renouveler ses stocks ni payer ses créances. Les élus du CSE ont un droit d’information accru en cas de procédure collective : accès aux comptes, prévisions de trésorerie, scénarios envisagés. Ils peuvent aussi faire appel à un expert-comptable financé par l’entreprise pour analyser les documents. La transparence de cette réunion influencera la confiance des salariés pour l’avenir. Patrick Puy, président du directoire depuis le 12 octobre 2026, devra expliquer la stratégie de sauvetage ou préparer les esprits à une restructuration difficile.

Scénarios d’emploi : redressement ou licenciements collectifs ?

Le redressement judiciaire a pour but de préserver l’activité et l’emploi en réorganisant les dettes. Le tribunal de commerce de Toulouse gèlera les créances durant une période d’observation de 18 mois maximum. Un administrateur judiciaire évaluera la viabilité de chaque magasin. Les magasins rentables ou stratégiques seront maintenus, les autres fermés. Selon Olivier Dauvers, analyste retail, 30% à 40% des magasins pourraient être fermés pour alléger la structure. Les salariés des magasins maintenus conserveraient leur emploi, tandis que ceux des magasins fermés seraient intégrés dans un plan de sauvegarde de l’emploi avec mesures de reclassement.

Si aucun repreneur ne se présente et que le redressement échoue, la liquidation judiciaire entraînerait la fermeture totale des magasins et le licenciement économique des 6 000 salariés. Dans ce scénario, un liquidateur vendrait les actifs pour rembourser les créanciers. Les salariés bénéficieraient des garanties légales : l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS) couvre les salaires, préavis et indemnités de licenciement dans la limite de six mois de salaire plafonné. Les collaborateurs percevraient ensuite l’allocation chômage via France Travail. Cependant, les perspectives de reclassement varient selon les régions. À Villeneuve-sur-Lot, la disparition du siège social serait catastrophique pour l’économie locale.

Protection des salariés en procédure collective

Lors de l’ouverture du redressement judiciaire, les salaires deviennent prioritaires. L’AGS garantit le paiement si l’entreprise ne peut pas honorer ses échéances. Ainsi, les 6 000 salariés de GiFi continueront à percevoir leur salaire mensuel durant la période d’observation, même en cas de trésorerie insuffisante. Ce filet de sécurité, financé par une cotisation patronale mutualisée, protège jusqu’à 91 080 euros de créances salariales par personne (plafond 2026). Pour les salariés proches du SMIC, la garantie est totale. Les cadres dirigeants, avec des salaires plus élevés, pourraient voir leurs créances réduites si elles dépassent ce plafond.

En cas de licenciement économique, chaque salarié a droit à un reclassement. L’employeur doit proposer tous les postes disponibles dans le groupe. Si GiFi trouve un repreneur partiel, les employés des magasins cédés pourraient être transférés au nouvel exploitant. Pour ceux qui perdent leur emploi, France Travail versera l’allocation de retour à l’emploi (ARE) basée sur les derniers salaires. La durée d’indemnisation dépend de l’âge et de la durée de cotisation : jusqu’à 24 mois pour les moins de 53 ans, 30 mois au-delà. Un contexte économique incertain en 2026 complique toutefois la recherche d’un nouvel emploi dans le commerce de détail, secteur déjà fragilisé par la concurrence d’Action et des plateformes chinoises.

Impact régional : 513 magasins, des emplois ancrés localement

La Nouvelle-Aquitaine, berceau de GiFi, concentre une part importante des magasins et emplois. Villeneuve-sur-Lot, qui abrite le siège social et 600 salariés, subirait un impact économique majeur en cas de fermeture. La Dépêche du Midi rappelle qu’aucun repreneur ne maintiendrait la centrale dans cette sous-préfecture, trop éloignée des grandes voies logistiques. Le Var, mentionné par Var Actu, compte plusieurs magasins dont la fermeture affecterait des zones commerciales périphériques. En Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand-Est, de nombreuses villes moyennes dépendent de GiFi comme employeur et animateur de galeries marchandes.

L’écosystème de GiFi inclut des centaines de fournisseurs, transporteurs, prestataires et propriétaires de locaux commerciaux. Les fournisseurs non payés depuis plusieurs mois sont parmi les derniers créanciers remboursés en cas de liquidation. Beaucoup sont des PME françaises qui risquent la faillite si leurs créances ne sont pas honorées. Les propriétaires de centres commerciaux devront trouver de nouveaux locataires pour occuper les espaces vacants, souvent supérieurs à 1 000 m². Dans un marché du bazar discount saturé, identifier un repreneur est complexe. L’effet domino pourrait fragiliser des zones commerciales entières, accélérant la désertification de certaines périphéries urbaines.

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