Le luxe, un secteur toujours très attractif car résilient

  • Publié le: mercredi 30 septembre 2020

Alors que la crise sanitaire fait craindre une crise économique de grande ampleur, le secteur du luxe, à l’image du groupe LVMH qui s’en sort avec les honneurs, continue à attirer les jeunes diplômés. Une image séduisante due en partie à une résilience à toute épreuve et à une adaptation du secteur aux nouveaux enjeux environnementaux et sociétaux.

Quatre mois et demi après la fin d’un confinement qui a mis une bonne partie de l’économie française – et mondiale – à l’arrêt, le marché de l’emploi, contre toute attente, parvient à garder l’équilibre dans certains secteurs. Alain Roumilhac, président de ManpowerGroup France, affirme même être « favorablement surpris » dans les colonnes du Figaro, avec « des volumes de recrutement équivalents à 85 % de l’année précédente ».

Ces bons chiffres sont tirés vers le haut par les secteurs de la santé, de la pharmacie, du nettoyage, de la banque, de l’agroalimentaire, de la grande distribution et du luxe. Dans les 10 employeurs les plus actifs sur Cadremploi, on trouve en effet Hermès et LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), respectivement en 5ème et 7ème position.

Le luxe, valeur refuge

Malgré la chute brutale de la consommation chinoise au début du printemps – qui représente le tiers de la consommation mondiale des produits de luxe, le secteur a fait preuve de résilience, ce dont semblent avoir conscience les jeunes diplômés. Le Master Management de l’Institut français de la mode a par exemple connu une hausse de 20% du nombre de candidatures en cette rentrée 2020, selon sa directrice Françoise Sackrider.

Le leader du secteur, LVMH, croule sous les demandes de stages, d’apprentissages et de VIE (Volontariat international en entreprise) dont « l’augmentation est de 34% sur le premier semestre 2020, en comparaison avec le premier semestre 2019 » selon la Directrice des ressources humaines et synergies du groupe, Chantal Gaemperle. LVMH prévoit par ailleurs l’embauche de plus de 600 jeunes diplômés dans le monde en 2020 pour des postes en marketing, digital, communication ou encore retail, production et supply chain, ainsi que plus de 3400 stagiaires et apprentis.

Antoine Arnault (LVMH) : « Je suis fier de notre empreinte sociale en France »

« Je suis fier de notre empreinte économique et sociale en France, soit plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et un nombre incalculable d’emplois indirects » rappelait dernièrement au Figaro Antoine Arnault, Directeur image et environnement de LVMH. Le luxe demeure un secteur attractif et l’un des premiers employeurs de France, à même de pouvoir adapter sa philosophie et son mode de production aux enjeux de notre époque. Au plus fort de la crise sanitaire, le groupe LVMH avait fait des dons à la Fondation des Hôpitaux de France et reconvertit plusieurs de ses usines afin de produire 400 tonnes de gel hydroalcoolique. L’occasion de prouver son utilité sociale en temps de crise sanitaire, mais également en « temps normal », en répondant aux nouvelles exigences sociétales et environnementales. Une mutation qui, sur ce dernier point, a déjà été amorcée par de nombreux acteurs du luxe.

Le luxe devient responsable

En 2018, Burberry faisait scandale en annonçant avoir détruit des produits d’une valeur totale de 28 millions de livres sterling pour « protéger sa marque ». Une pratique alors répandue dans le luxe pour éviter l’écoulement de stocks à prix bradés. Deux ans et une lettre ouverte de Giorgio Armani plus tard – il y fustigeait, en avril dernier, le « gaspillage » de la mode et le rythme des collections, devenu « criminel ».

Encouragées par la prise de conscience écologique globale, la crise sanitaire, et la loi du 10 février 2020 interdisant la destruction des invendus non alimentaires à partir de 2022, les grandes marques du luxe se sont converties à la philosophie de l’upcycling, c’est-à-dire au « recyclage par le haut ». Jusqu’alors soumises à la dictature de la nouveauté, les grandes marques – d’Armani à Louis Vuitton, en passant par Maison Margiela – se mettent désormais à faire du neuf avec du vieux, et à le revendiquer. La collection Homme printemps-été 2021 de Louis Vuitton comprendra par exemple 25 looks créés à partir de matières puisées dans les stocks ou dans des surplus des collections précédentes, tels que les sneakers montantes de l’été 2019 transformées en baskets basses par le directeur artistique Virgil Abloh.

Nul doute que ce mouvement écologique de « seconde vie » sera déterminant pour entretenir une bonne image de marque auprès des jeunes générations, avides de sens au travail.

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