La triste fin de la Socram Banque

Socram Banque Arkea Macif
  • Publié le: jeudi 23 janvier 2020

Après l’espoir déçu d’un rachat par le Crédit Mutuel Arkéa, la Socram Banque semble vivre ses dernières heures.

À quelle sauce vont être mangés les 210 salariés de la Socram Banque, menacée de mettre la clé sous la porte ? Depuis quelques mois, dans les couloirs de la société, on ose à peine poser la question du bout des lèvres. À l’origine créée par plusieurs mutuelles niortaises pour commercialiser des crédits automobiles à leurs assurés, la Socram, qui a célébré l’an dernier ses 50 ans d’existence, est en vente depuis l’été 2019. Problème, elle ne trouve pas de repreneur, et pourrait se retrouver sur la paille d’ici peu de temps.

L’illusion Arkéa

 

Ses actionnaires, la Macif, la BPCE, la MAIF et la Matmut, avaient pourtant rapidement cru à une issue favorable. Le 24 juin dernier, le Crédit Mutuel Arkéa se propose en effet de racheter la banque. Cette filiale du Crédit Mutuel obtient même de l’actionnaire majoritaire, la Macif, la primeur des informations relatives à la vente, quand bien même elle ne propose de reprendre que 150 salariés. À l’époque, il bruisse que les 60 personnes laissées sur le carreau seront réintégrées par les propriétaires de la Socram. « La dimension sociale revêt une importance particulière. […] Toutes les mesures seront prises pour maintenir les emplois dans le bassin niortais », promettent-ils alors.

C’était sans compter les difficultés financières et juridiques d’Arkéa. Le groupe breton, empêtré dans un projet de désaffiliation du Crédit Mutuel qui, selon de nombreux experts, ne tient pas du tout la route, a vu la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) confirmer définitivement l’unité de la Confédération nationale, ainsi que son aspect unique, mutualiste et solidaire. En d’autres termes, Arkéa est bel et bien une filiale du Crédit Mutuel, avec les avantages et contraintes qui vont avec.

Autre déconvenue pour Arkéa : la banque a dû, à la même époque, engager quelque 540 millions d’euros dans la recapitalisation de sa filiale d’assurance vie, Suravenir. Soit autant d’argent en moins à mettre dans l’appropriation de la Socram. Cette recapitalisation en urgence serait le fruit des taux bas et d’une gestion hasardeuse de Suravenir. La filiale aurait en effet accru sa prise de risques afin de faire gonfler le bilan du Crédit Mutuel Arkéa, le tout dans le but de promouvoir l’autonomie de la banque dans le cadre de sa tentative de désaffiliation.

« Sans vision à long terme »

 

Résultat : le 11 octobre dernier, le Crédit Mutuel Arkéa est obligé d’annoncer l’abandon du rachat de la société niortaise, plongée depuis dans l’incertitude la plus totale. « Les actionnaires continueront à étudier les propositions de nature à renforcer le développement de Socram Banque, qui poursuit son activité sur l’ensemble de ses produits et services »indiquent dans la foulée ses propriétaires, qui ne voient toujours pas, trois mois après, l’ombre d’un repreneur. Et commencent à désespérer — les salariés, surtout, avec eux.

D’autant plus que « la Macif pourrait abandonner la commercialisation de son offre bancaire à partir du 1er avril 2020. La décision a été annoncée lors d’un conseil d’administration de la mutuelle niortaise tenu le 12 décembre. […] Socram Banque, filiale de plusieurs mutuelles niortaises, est touchée au premier plan par cette décision stratégique : elle est “l’usine” où se fabriquent les produits bancaires commercialisés par la Macif », révèle, fin décembre dernier, le quotidien local, La Nouvelle République.

La moitié des 210 salariés de Socram Banque est affectée à la « fabrication » de cette offre bancaire ; « Ils sont aujourd’hui sans vision à long terme sur leur activité », ajoute le journal. Triste fin, pour un groupe qui vient de fêter son demi-siècle.

 

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