Ces entreprises françaises qui souhaitent réduire la fracture numérique

entreprises France fracture numérique
  • Publié le: jeudi 12 mars 2020

Pour résorber la fracture numérique, certains acteurs hexagonaux comme Hubside, Simplon ou Hydra proposent des services adaptés aux personnes qui n’ont pas ou peu accès aux nouvelles technologies. 

La France a beau être entrée dans le monde numérique depuis plusieurs années, certains individus ont encore du mal à se frayer un chemin à travers les méandres d’Internet. La « fracture numérique », comme certains l’appellent, n’est pas récente, puisqu’en 1999 déjà Lionel Jospin, alors Premier ministre, utilisait pour la première fois le néologisme « illectronisme », contraction d’illettrisme et électronique. Aujourd’hui, le phénomène touche 17 % des Français, tous âges confondus.

En 2019, le Syndicat de la presse sociale a publié un « livre blanc » sur le recours au digital dans l’Hexagone. Il est ressorti que 15 % des personnes de 15 ans ou plus n’avaient jamais utilisé Internet au cours de l’année, tandis que 38 % des usagers manquaient d’une compétence numérique de base – ils étaient 2 % à être dépourvus de toute compétence. La situation, évidemment, varie selon la géographie et selon les âges : 64 % des 75 ans ou plus, par exemple, ne s’étaient pas du tout connectés à Internet l’an dernier, toujours selon le Syndicat de la presse sociale. Un taux ramené à 41 % chez les personnes sans diplôme.

Par choix ou contrainte, due à une absence de formation en la matière, la non-utilisation des outils numériques – au premier rang desquels le Web – pose problème, à l’heure où une grande partie des services publics, notamment, sont accessibles et fonctionnent de manière digitale. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, a également noté une nette corrélation entre la dématérialisation de services comme Pôle Emploi ou la caisse d’allocations familiales et le non-recours aux droits.

Adaptation des outils digitaux

Conscient de cette exclusion de fait, le secrétaire d’Etat au Numérique, Cédric O, a annoncé en février dernier une enveloppe de 30 millions d’euros pour former un million de personnes dès cette année. Concrètement, cette aide prendra la forme d’un « pass numérique », déjà testé d’ailleurs dans une quarantaine de collectivités territoriales depuis septembre dernier, qui donnera droit à des coupons de formation pour les personnes ayant du mal à se convertir au numérique. Pôle Emploi, par exemple, pourra acheter des pass et financer des lieux d’inclusion numérique.

Autres acteurs décisifs dans le dispositif, « les départements, en première ligne pour percevoir les besoins de formation des travailleurs sociaux, ont constitué la majorité des collectivités recourant au pass numérique. Mais il peut être initié par des communautés de communes, des métropoles, des régions », expliquait Cédric O, qui souhaite qu’acteurs privés et publics se rapprochent pour lutter contre l’illectronisme en France. Où, pour rappel, 91 % des individus sont « internautes », selon les normes internationales – c’est-à-dire qu’ils se connectent au moins une fois toutes les trois semaines.

A côté de l’action gouvernementale, certains entrepreneurs oeuvrent de leur côté à résorber la fracture numérique. De nombreux Françaises et Français souhaitent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale mais ne savent pas toujours comment se dépatouiller avec les outils Internet mis à leur disposition ? Hubside souhaite les épauler en leur apportant clé en main la solution pour créer et gérer leur website, grâce à un service plutôt intuitif et un suivi personnel. « Notre ambition est de démocratiser l’accès à Internet, de faciliter le partage de projets ou de ses passions pour ceux qui n’ont pas les compétences techniques ou même le budget nécessaire », affirmait en décembre dernier Alexandre Hampe, le directeur des opérations de l’acteur français.

Le pari de la marque Hubside ? L’adaptation des outils digitaux à l’utilisateur et non l’inverse. Aujourd’hui, la fracture numérique n’est pas qu’une question d’éloignement géographique ; il ne s’agit pas que de couvrir des zones encore trop peu desservies par la connexion Internet. Encore faut-il rapprocher les Français qui se sentiraient dépassés des usages digitaux, comme l’appelait de ses vœux Alexandre Hampe dans une tribune publiée par Les Echos en juin dernier.

Démocratiser le numérique

Frédéric Bardeau, de son côté, porte un regard froid et lucide sur le numérique. Le fondateur de Limite, une agence de communication responsable et de Simplon, une école de code gratuite destinée aux personnes sans diplôme, était sur la scène du Maddy Keynote 2020, il y a quelques semaines. Où il n’a pas hésité à dire que les nouvelles technologies avaient « un effet délétère sur la société et la planète », en ciblant notamment le manque d’homogénéité dans le secteur : « Entre les nerds et les geeks, il reste peu d’espace pour les autres », a-t-il pointé du doigt.

Son souhait ? Démocratiser l’accès au numérique. Le secteur doit selon lui nécessairement évoluer, en étant plus inclusif, notamment à l’égard des femmes, trop peu présentes. Les nouvelles technologies doivent impacter également la formation et l’environnement, l’ensemble de ces actions devant « être soutenues par le gouvernement ». « Chacun de nous peut s’engager […] pour former d’autres personnes », a-t-il estimé, notamment grâce aux chèques Aptic qu’il a mis en place et qui permettent aux populations précaires de se former aux technologies digitales.

Autre catégorie de personnes touchées par l’exclusion numérique : celles qui sont déficientes visuelles, soit plus de deux millions de Français, principalement des personnes âgées, dont six sur dix sont isolées ou exclues socialement. Problème, certaines maladies, comme la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) ou le glaucome, peuvent apparaître dès cinquante ans. Raison pour laquelle la start-up Hydra a lancé le « PC à accès universel », qui permet aux personnes mal ou non-voyantes de se servir des outils numériques de base, comme la messagerie, la lecture de la presse en ligne ou la gestion de ses comptes bancaires. Des services tout aussi bien destinés aux néophytes en matière informatique, selon Hydra.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Le Coin RSE

le Coin ESS

  • La RSE, une idée neuve en Arabie Saoudite

    L’Arabie Saoudite est confrontée à trois grands défis : diversifier son économie, offrir des opportunités d’emplois à un nombre croissant de diplômés, et maintenir la cohésion sociale et la stabilité dans le pays. Le gouvernement saoudien, pour répondre à ces