Le Covid, facteur aggravant du mal-être des seniors

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  • Publié le: vendredi 6 novembre 2020

Mesures de distanciation et confinements obligent, la crise sanitaire aggrave l’isolement des personnes âgées en limitant leurs contacts sociaux. À travers des initiatives portées par Emmaüs ou encore l’entreprise Hubside, associations et entreprises entendent changer la donne en initiant les seniors aux technologies numériques.  

Actives ou dépendantes, chez elles ou en Ehpad, les personnes âgées sont, en plus d’être particulièrement menacées par le virus, largement fragilisées par le confinement et les mesures de distanciation sociale. Désormais dans l’impossibilité de voyager, d’embrasser leurs proches, de rendre visite à leurs amis ou de se réunir régulièrement, les seniors voient en effet leur sociabilité largement mise en danger.

Selon le rapport publié par l’association “Les Petits frères des pauvres”, lors du confinement au printemps dernier, 32 % des français de plus de 60 ans, soit 5,7 millions de personnes, ont ressenti la solitude tous les jours ou souvent.

Maintenir le lien social, une urgence

Le nombre d’activités accessibles, qu’elles soient physiques, culturelles ou cognitives, diminuent sous le coup des mesures sanitaires. Et ce bouleversement mine la santé mentale mais aussi physique des personnes âgées. Comme l’expliquait Alexandre Hampe, directeur des opérations d’Hubside : « la solitude tue, tout autant que la maladie. Nos aînés, qu’ils soient comme nous confinés chez eux ou résidents en EHPAD, savent mieux que quiconque à quel point ce lien social est nécessaire à l’équilibre psychologique et à la stimulation cognitive. Sans lui, c’est le repli sur soi, la détresse psychologique, voire le “syndrome de glissement”. » Des solutions pour pallier l’inactivité et maintenir le lien social du troisième âge émergent heureusement grâce aux technologies numériques. 

Appels en visioconférence, vidéos permettant de maintenir une activité physique, jeux en ligne, cours virtuels ou visites de musée sur internet… Les possibilités offertes par les écrans ont fait leur preuve lors du premier confinement en devenant des sources de stimulations cognitives et en développant des sociabilités virtuelles. A l’heure du deuxième confinement, elles seront sans doute largement utilisées. 

Lutter contre l’illectronisme pour préserver le lien social

Le numérique est ainsi devenu le premier vecteur pour préserver le lien social. Son accès et sa pratique sont pourtant loin d’être généralisés chez l’ensemble des personnes âgées. Selon le Livre blanc 2019 du Syndicat de la presse sociale sur l’illectronisme en France, 64 % des 75 ans ou plus ne s’étaient pas connectés à Internet l’année dernière.

Une réflexion sur la fracture numérique est donc actuellement menée pour répondre à cette problématique. Remis cet été au gouvernement, le rapport de Jérôme Guedj élabore une série de propositions pour lutter de façon pérenne contre l’isolement des personnes âgées et souligne la nécessité d’œuvrer pour l’inclusion numérique en équipant et en formant aux outils digitaux. 

C’est une mission que remplit Emmaüs Connect depuis plusieurs années en développant plateformes d’apprentissage et accompagnements numériques à destination de publics fragilisés, comme le troisième âge. Un élan aujourd’hui rallié par le monde de l’entreprise. Au printemps dernier, le collectif Silver Valley lançait le programme « 50 startups s’engagent à lutter contre l’isolement des seniors confinés ».

S’approprier les objets numériques : le pari de Hubside

Dans cette perspective, de nombreuses entreprises font le pari d’adapter les outils numériques aux seniors au lieu de les former à des objets et interfaces ne correspondant pas à leur besoin. « Il n’est, en effet, pas encore donné à tout un chacun de savoir manier des applications imaginées par et pour les plus jeunes et connectés d’entre nous », remarque Alexandre Hampe, dont l’entreprise Hubside facilite la création de sites internet. 

Avec des interfaces simplifiées offrant par exemple la possibilité d’agrandir le texte, les outils « se forment » ici à leurs usagers et non l’inverse. Une démarche qui vise à accélérer la réduction de la fracture numérique en promouvant des outils et un web inclusifs. 

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