Emploi : pourquoi SFAM, La Poste ou Iconoclass misent sur l’alternance

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  • Publié le: mardi 6 août 2019

SFAM, La Poste, Iconoclass… De plus en plus d’entreprises développent des structures internes dédiées à la formation des jeunes. De quoi leur offrir un tremplin vers l’emploi.

La France est en retard par rapport à ses voisins européens en ce qui concerne l’entrée dans la vie active des jeunes générations. Le taux d’emploi des 20-34 ans récemment diplômés est inférieur de 6 points à la moyenne européenne, si l’on en croit une étude diffusée en juin par l’Insee. Il s’élève en effet à 74 % dans l’Hexagone, contre 80 % en Europe. « L’accès au marché du travail des jeunes semble plus difficile en France que dans la plupart des autres pays européens », constate l’Institut national de la statistique. « De plus, la France se démarque des autres pays d’Europe de l’Ouest et du Nord par la proportion la plus élevée de jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation : 13,9 % des jeunes de 15-29 ans en 2017 », poursuit le texte.

Le constat n’est pourtant pas nouveau. Dans une note de 2017, la fondation Terra Nova et l’Institut Montaigne rappelaient déjà que plus de 2 millions de jeunes n’avaient ni emploi ni formation. Le rapport d’ajouter que l’école française était devenue « la plus inégalitaire de l’OCDE ».

Face à ce constat quelque peu alarmant, le développement de l’apprentissage constitue, selon les deux groupes de réflexion, « un enjeu pour la compétitivité, pour l’emploi et pour la justice sociale ». Un mode de formation « particulièrement efficace » pour les jeunes, qui les prépare à l’univers de l’entreprise. En témoigne l’insertion de ceux qui ont suivi cette voie, de 10 à 15 points supérieure à celle des diplômés dits « traditionnels ».

 

Sept apprentis sur dix trouvent un emploi dans les 7 mois suivant leur formation

 

Des arguments auxquels le gouvernement est visiblement sensible. Afin de « faire oublier les idées reçues et montrer combien l’apprentissage permet de s’épanouir, tout en s’assurant un avenir professionnel », la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a lancé en février dernier la deuxième saison de sa campagne #DemarreTaStory. Les apprentis sont encouragés à partager leur parcours, leurs motivations, leurs réussites et leurs difficultés sur les réseaux sociaux. « C’est au contact des apprentis et en les écoutant, sans discours préétabli, que la campagne s’est créée : ils sont les ambassadeurs de leur propre histoire et c’est cette histoire, et les parcours propres à chacun qui ont été mis en lumière », explique le ministère.

L’enjeu est de taille pour le gouvernement. Sept apprentis sur dix trouvent un emploi dans les sept mois qui suivent leur formation et 30 à 40 % créent leur propre entreprise. Mais en France, seuls 7 % des jeunes sont en apprentissage, contre 15 % dans les pays européens, où le taux de chômage est bas. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a établi 20 mesures concrètes en faveur de l’apprentissage pour développer massivement l’offre de formation en apprentissage pour les 16-30 ans.

Des mesures bienvenues, qui s’ajoutent à celles mises en œuvre par les entreprises, nombreuses à s’engager dans l’alternance pour former leurs futures recrues.

 

SFAM Académie et Formaposte : des structures internes dédiées

 

Dès 2017, SFAM, leader européen de l’assurance mobile et multimédia, a lancé le programme « SFAM Académie », pour former en alternance des étudiants intéressés par les métiers du commerce et de la relation client. « Pour SFAM, soutenir le développement des étudiants pour qu’ils s’épanouissent et deviennent autonomes dans le cadre de l’alternance est un défi majeur à relever », affirme l’assureur. Un pari où chacun trouve son compte. Pour les jeunes formés, c’est l’assurance de bénéficier d’une expérience professionnelle au sein d’un groupe international ; tandis que SFAM y voit une opportunité de soutenir sa croissance et d’attirer de nouvelles compétences.

Pour réussir leur apprentissage, les jeunes sont accompagnés au quotidien par des formateurs qui les aident à acquérir les bons réflexes, à appréhender les règles de vie en entreprise et à intégrer un savoir-faire commercial. Avec un objectif : permettre aux futures recrues d’avoir les clés nécessaires leur permettant de s’insérer avec succès dans le monde du travail.

De son côté, La Poste forme chaque année près de 5 000 jeunes via des contrats d’apprentissage ou de professionnalisation. Le groupe s’appuie sur des centres de formation en alternance dédiés : les « Formaposte ». En partenariat avec différents organismes de formation (lycées, écoles de commerce, universités, IUT, IAE…), les Formaposte sont chargés de recruter, former et accompagner les alternants. Ils proposent de nombreuses formations, du niveau CAP au Bac+5. Avec succès : le taux de réussite aux diplômes des apprentis Formaposte avoisine les 95 %.

Autre exemple : Iconoclass, une école dédiée aux métiers du business development accessible sans condition de diplôme. Cette école d’un nouveau genre promet un CDI à ses élèves à la fin de leur cursus ou le remboursement de la scolarité et privilégie pour ce faire une pédagogie fondée sur l’apprentissage auprès de professionnels, « dans les conditions du réel ».

Des initiatives qui redonnent ses lettres de noblesse à une méthode de formation longtemps considérée, à tort, comme une voie de garage uniquement réservée aux moins bons élèves.

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