SFAM, Akio et Teletech prônent le « made in France »

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  • Publié le: mercredi 6 mars 2019

En France, les entreprises seraient confrontées à un choix implacable : délocaliser une partie de leur activité ou mettre la clé sous la porte. Pourtant, plusieurs entreprises comme SFAM, Akio ou encore Teletech, ont choisi de rester dans l’Hexagone, et ça leur réussit plutôt bien.

L’un des domaines dans lesquels les délocalisations sont sans doute les plus perceptibles pour les consommateurs est celui de l’accompagnement client. Qui ne s’est pas déjà retrouvé dans une impasse, face à un interlocuteur téléphonique à la maîtrise du français approximative ?

SFAM, Akio et Teletech montrent l’exemple

Ce secteur est l’exemple parfait de l’absurdité de la délocalisation à tout prix. Certaines entreprises l’ont bien compris : la Société Française d’Assurances Multirisques (SFAM), leader de l’assurance affinitaire en Europe, a ainsi choisi de maintenir ses centres d’appel en France, estimant que leur délocalisation ne permettrait pas de venir efficacement en aide au client. Une politique citoyenne qui porte ses fruits : depuis sa création en 1999 par Sadri Fegaier, SFAM connaît une croissance annuelle moyenne de 105 %.

Teletech, entreprise spécialisée dans la relation client, a elle aussi, pour des raisons similaires, fait le choix de maintenir ses activités en France tout comme l’éditeur de logiciel destiné à la relation client, Akio. Deux sociétés qui ne regrettent pas leur choix, ces dernières ne cessant de voir leur chiffre d’affaires augmenter.

Par ailleurs, preuve de sa volonté de rester dans l’Hexagone, Teletech a inauguré, en janvier dernier, ses nouveaux locaux dans la ville du Havre. « Le nouveau site du Havre met à disposition de ses collaborateurs un espace de travail offrant une fonctionnalité adaptée au métier de la relation client », précise Relation Client Mag. Un nouvel espace qui permet à la société française de « de concrétiser sa stratégie d’accroissement de la capacité d’accueil ».

Changement de mentalités et économie locale

Si SFAM, Akio et Teletech ont fait du « made in France » leur marque de fabrique, les élites politiques et économiques semblent de leur côté avoir pris conscience de l’impasse dans laquelle se dirige le pays, et tentent désormais d’inverser la tendance. La transition vers le numérique ou encore le déséquilibre de la balance commerciale sont autant d’éléments qui ont convaincu les décideurs de la nécessité d’une stratégie industrielle au niveau national, dans un monde où la guerre économique fait rage.

Cette reconquête passera avant tout par des symboles, une évolution des mentalités, et une impulsion étatique. Un Fonds pour l’innovation et l’industrie doté de 10 milliards d’euros d’actifs dédié au financement de projets à forte intensité technologique a ainsi été créé à l’occasion du vote de la loi Pacte, début 2018. La création de labels comme la French Tech et la French Fab se révèle également efficace dans l’accompagnement de l’industrie vers le numérique.

La réindustrialisation apparaît par ailleurs comme une demande de la société dans son ensemble. La mode du « made in France », ou la prise de conscience des conséquences sociales de la mondialisation en sont des éléments déclencheurs. Les entreprises ont donc tout intérêt à imaginer de nouveaux modèles fondés sur le patriotisme économique.

La reconnaissance croissante des consommateurs pour les entreprises qui intègrent les problématiques sociales à leur projet devient en effet facteur de changement, et les entreprises qui participent à la réindustrialisation du tissu industriel français pourraient rapidement voir leurs efforts récompensés. Les exemples sont légion et pourraient se multiplier dans le cadre d’une politique nationale pragmatique et incitative.

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