Insertion des jeunes : ces entreprises qui jouent le jeu

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  • Publié le: mercredi 3 octobre 2018

Pour lutter contre l’exclusion de nombreux jeunes du marché du travail, entreprises et associations font le pari de l’insertion comme Vinci, SFAM ou l’aéroport de Beauvais. Un deal gagnant-gagnant.

 

La scène a fait le tour des réseaux sociaux : pour Emmanuel Macron, il suffirait aux jeunes de « traverser la rue » pour trouver un emploi. La réalité est, hélas, moins caricaturale. Pour les moins de 29 ans en âge de travailler, l’insertion dans le monde professionnel relève encore du parcours d’obstacles. Et ce, que l’on soit diplômé voire surqualifié ou, au contraire, peu qualifié et encore moins bien préparé à entrer sur le marché de l’emploi.

C’est le constat qu’a dressé un rapport sur l’insertion professionnelle des jeunes, remis en janvier 2017 à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Le taux de chômage des jeunes Français atteint 24% – 4,5 points de plus que la moyenne européenne –, 13,8% des 20-24 ans sont durablement sans emploi, et même 15% des 15-29 ans sont sans emploi, ni études ni formations. Enfin, le rapport révèle que près de la moitié (45%) des jeunes professionnels n’ont pas été formés pour le travail qu’ils exercent.

 

Des entreprises s’engagent pour l’insertion des jeunes

 Conscientes du problème – parce qu’elles-mêmes en première ligne –, certaines entreprises font alors le choix de s’engager pour l’insertion professionnelle des jeunes. C’est le cas de Vinci, avec sa filiale Vinci Insertion Emploi (VIE), qui « permet d’établir des ponts entre nos différents chantiers et les acteurs de l’insertion et de l’emploi les plus proches », selon le DRH de l’entreprise, Franck Mougin. En 2017, VIE a compté 2 000 salariés en insertion – pas seulement des jeunes, la moyenne d’âge s’établissant à 41 ans. Près de 600 d’entre eux avaient retrouvé un emploi à l’issue de leur formation.

Toujours dans le BTP, la préfecture de région Ile-de-France a organisé en septembre 2018 des « cafés-métiers » dans le cadre de l’opération « Pacte 2echance » : un rendez-vous entre des grands noms du secteur, comme Eiffage ou Spie-Batignolles, et une cinquantaine de jeunes au parcours difficile. « Quelle que soit leur histoire personnelle, ce sont surtout des décrocheurs, qui ont cumulé plusieurs obstacles et que nous tâchons d’aider à retrouver le chemin de l’emploi », explique-t-on à la préfecture de région.

Chez le leader européen de l’assurance multirisques pour la téléphonie, SFAM, on mise aussi sur les jeunes talents. L’entreprise dirigée par l’autodidacte Sadri Fegaier lance ainsi la deuxième édition de la « SFAM Académie », un programme d’intégration et de formation en alternance destiné à recruter ses futurs collaborateurs. L’objectif est triple : créer de l’emploi et faciliter l’insertion des jeunes ; former les futurs employés au métier de téléconseiller ; soutenir la croissance du groupe. Un deal gagnant-gagnant, en somme.

« Notre groupe se développe à vive allure, analyse Sadri Fegaier. Nous recherchons donc des candidats à fort potentiel. (…) Pour les jeunes, cette initiative est aussi une formidable opportunité d’apprendre un métier stimulant en bénéficiant de l’expertise de professionnels reconnus dans leur domaine, d’élargir leur champ de compétences et de rejoindre un groupe dynamique, qui a été labellisé HappyAtWork pour la 2e année consécutive ». En partenariat avec la CCI et deux centres de formation, la formation sera dispensée à une quarantaine de jeunes.

 

Des chantiers pour reprendre confiance

L’insertion des jeunes passe aussi par les pouvoirs publics et les associations. A Beauvais, dans l’Oise, quinze jeunes de 16 à 25 ans vont rénover les chalets du marché de Noël, dans l’objectif d’intégrer le marché du travail au bout de deux mois. Grâce a un suivi et à un accompagnement très personnalisés, onze des treize jeunes ayant participé à la précédente édition sont aujourd’hui en activité.

Idem à Bordeaux, où une quarantaine de jeunes en errance participent chaque année au dispositif TAPAJ, pour Travail alternatif payé à la journée. Contre quatre heures de travail hebdomadaires (désherbage, peinture, etc.), ils sont payés 10 euros de l’heure sous forme de chèque emploi service. « C’est une fierté pour eux de travailler, c’est valorisant et cela leur permet de voir que dans la vie, quand on veut, ça avance », glisse une éducatrice de rue bordelaise.

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