Mode durable – nécessité de responsabiliser tous les acteurs

  • Publié le: vendredi 13 octobre 2017

A l’issue de la Fashion Week qui s’est tenue à Paris jusqu’au 3 octobre, des dizaines de créateurs et de maisons de prêt à porter sont venus présenter leurs collections. Au même moment, l’Institut danois de la mode a publié les chiffres de cette industrie qui est la seconde plus polluante au monde.

Au mois d’août 2017, l’édition américaine de Marie Claire a réalisé un numéro entièrement consacré au développement durable. Cette édition évoque les problèmes sociaux, mais aussi les enjeux environnementaux de cette industrie. Si l’on peut saluer l’initiative du magazine, aucun article ne s’intéresse à la « mode durable » en tant que telle. Et la timide approche du magazine ne fait jamais s’interroger le lecteur sur son style de vie, ses habitudes ou son comportement.

C’est surtout par le consommateur que le changement doit s’opérer

D’ici 2030, la consommation de vêtements devrait augmenter de 63% (selon le rapport de « Pulse of the fashion industry ») ce qui pourrait faire passer cette industrie au premier rang des industries polluantes, derrière le pétrole. Les enjeux sont cruciaux car les déchets passeront de 57 à 148 millions, alors que nous ne recyclons pour l’instant que 20% des textiles, selon cette même source.Il faut compter par exemple 6800 litres d’eau pour fabriquer un jean, 200 à 400 ans pour qu’un vêtement en fibre synthétique soit biodégradé, 150 kilogramme de pesticides pour produire un t-shirt en coton… Mais bonne nouvelle, le consommateur veut donner du sens à ses achats, et souhaite être informé sur les alternatives envisageables.

Les marques doivent cependant montrer l’exemple

Certaines marques essaient de mettre en place des programmes alléchants afin de faire rimer mode et développement durable/éthique. Prenons l’exemple d’H&M avec sa campagne « Don’t let fashion go to waste », qui même si elle invite le consommateur à déposer tout vêtement non utilisé dans ses boutiques afin d’être recyclé, ne traite le sujet que de manière superficielle. Il faudrait en effet 12 ans pour réutiliser 1000 tonnes de déchets textiles, alors qu’il faut seulement 48h… pour les produire. H&M devrait pour être cohérent dans sa démarche, repenser son modèle d’économie durable en utilisant des textiles recyclables plutôt que des pièces de piètre qualité.

Le recyclage des vêtements reste une priorité

Il existe aujourd’hui des solutions simples à adopter pour les consommateurs, et c’est là-dessus que Marie Claire aurait dû communiquer : abonnement à des box de vêtements, vide-dressing, sensibilisation à l’achat de vêtement fabriqués à partir de matières recyclées, acheter responsable (moins, mais mieux) …

Mais cela bien sûr ne répond pas aux attentes des publicitaires, qui financent en grande majorité la presse de mode féminine.

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