Streaming illégal : une pratique (très) risquée, surtout pour les jeunes…

  • Publié le: lundi 13 février 2017

Alors que beIN Sports a récemment décidé de s’attaquer aux sites de streaming illégaux, nombre d’internautes semblent encore ignorer les dangers qui y sont présents. En plus d’héberger un grand nombre de virus, ces plateformes, comme le dénonce l’association Ennocence, exposent les plus jeunes à des contenus violents et même pornographiques pouvant avoir de graves conséquences sur leur avenir.

Selon l’Association of Internet Security Professionals (AISP), ce ne sont pas moins de 20 millions d’internautes qui se sont rendus sur des sites de live-streaming illégaux pour y visionner des matchs de la Coupe du monde de football 2014. Ces pratiques illicites ont généré un manque à gagner d’environ 200 millions d’euros pour Canal + et beIN Sports. Face à ces chiffres, les deux chaînes n’ont eu d’autre choix que de réagir pour tenter d’endiguer le phénomène.

Ainsi, après l’Euro 2016, Youssel Al-Obaidly, président de beIN Sports, déclarait que la lutte contre le streaming illégal était devenue « une priorité ». Celui-ci affirmait d’ailleurs avoir constaté « la présence d’environ 100 sites qui proposaient illégalement les matchs en streaming » durant la compétition, et l’un d’entre eux avait été « consulté par 330 000 visiteurs sur le match Allemagne-Italie du 2 juillet ». « Si on multiplie cette audience par le nombre de sites répertoriés, on se rend compte de l’ampleur du phénomène et du préjudice qui en résulte pour le diffuseur, a confié le patron de beIN Sports en septembre 2016. Nous avons commencé à demander la fermeture de sites pirates et nous allons continuer de le faire, car nous pensons que cela handicape l’ensemble du paysage audiovisuel français ». Mais les chaînes de télévision ne sont pas les seules à souffrir de cette pratique. Le streaming illégal est en effet loin d’être sans risques pour les internautes.

 

Fréquenter des sites de streaming illégaux, une habitude risquée…

 

Se rendre, un dimanche soir, sur un site de streaming illégal pour y visionner le dernier film de Brad Pitt est une activité loin d’être inhabituelle de nos jours. Ainsi, dans le monde, ce n’est pas moins d’un internaute sur six qui « regarde illégalement des vidéos en streaming ». Et pour ce qui est de l’Hexagone, une étude Médiamétrie publiée en avril 2015 révèle que 13,5 millions des 46,9 millions d’internautes français visionneraient du contenu illégal via des plateformes illicites, soit l’équivalent d’un tiers d’entre eux. Au fil du temps, le streaming illégal est devenu une activité de tous les jours, mais elle n’en est pas moins risquée pour autant.

En effet, d’après l’AISP, 80 % des sites proposant ces activités hébergeraient une partie non négligeable des 160 000 virus créés chaque jour dans le monde. Virus qui sont aujourd’hui présents dans pas moins de 500 millions d’ordinateurs. Et outre les virus et autres « malwares » qui permettent aux pirates de récupérer un nombre important d’informations, souvent sensibles, sur les internautes (photos, documents officiels ou bancaires, identifiants de messagerie, etc.), les contenus présents sur les sites de streaming illégaux peuvent également causer des dommages d’ordre psychologique chez l’utilisateur, surtout lorsque celui-ci est jeune…

 

Premières victimes des sites de streaming illégaux : les enfants

 

Nos jeunes sont de fervents amateurs des sites de streaming illégaux : d’après un sondage commandé par l’association Ennocence en novembre dernier, 55 % des parents estiment que leurs enfants regardent des films, séries et matchs sur des plateformes de streaming et de téléchargement illégales, et 33 % d’entre eux affirment qu’ils le font au moins une fois par semaine. Malheureusement, les images violentes ou pornographiques, qui s’affichent par le biais de fenêtres intempestives dont l’apparition est impossible à prévoir, vont de pair avec ce genre de sites.

Ainsi, l’exposition des enfants à des contenus inappropriés sur ces sites est une triste réalité : 42 % des parents interrogés lors du sondage déclarent que leurs enfants ont déjà été exposés à des images violentes et 23 % à des images pornographiques. Ce sondage met également en avant l’absence de mobilisation des pouvoirs publics sur le sujet. En effet, deux tiers des répondants considèrent que les mesures politiques ne sont pas suffisamment efficaces pour protéger les enfants du porno en ligne, si bien qu’aujourd’hui, un enfant a en moyenne 11 ans lorsqu’il est confronté pour la première fois à un contenu pornographique sur le web.

 

Silence radio chez les candidats

 

« Les parents se sentent démunis face à cet accès libre et sans contrôle réglementaire, dénoncent Gordon Choisel et Brigitte Lahaie, respectivement président et ambassadrice de l’association Ennocence. Comme il est impensable d’afficher dans nos rues et librement pornographie et images violentes, il est grand temps de considérer le web comme l’agora qu’elle est, un espace public à encadrer pour protéger nos concitoyens, jeunes et moins jeunes ».

D’après Helena Walter, ancienne présidente d’Ennocence, 54,5 % des jeunes Français n’auraient jamais reçu d’informations sur les dangers d’Internet. L’enjeu n’est pourtant pas des moindres, le visionnage par un enfant de contenus inappropriés comporte de nombreux risques : complexes, addiction à la pornographie, développement de comportements déviants (zoophilie, envies de viol ou inceste, etc.).

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