Rodrigue Nguesso et les nouveaux visages de l’Afrique

  • Publié le: jeudi 3 novembre 2016

Dans une interview accordée au magazine Afrique Nouvelles, l’homme d’affaires congolais Rodrigue Nguesso estime que la transition verte doit être une opportunité pour l’Afrique, et non pas un frein à son développement. Il considère qu’il « faudra nécessairement accentuer notre envie de favoriser les énergies renouvelables ». Cette position originale est portée par une nouvelle génération de leaders africains, ancrés dans leurs cultures respectives, mais tournés vers l’avenir.

Traditionnellement, les problématiques environnementales sont considérées comme des « contraintes » qui freinent l’économie. Une vision que partagent nombre de pays en développement, pour lesquels le respect de la planète devrait essentiellement concerner les pays occidentaux. Ces derniers ayant développé leurs économies et leurs modes de vie avec l’utilisation des énergies fossiles, en diffusant la plupart des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.

Cette position partagée par les dirigeants de pays comme la Chine, le Brésil, l’Inde, ou l’Afrique du Sud, est également dominante sur l’ensemble du continent africain, comme l’ont illustré les débats lors de la COP21. De trop nombreux décideurs pensent encore à travers le prisme de la dichotomie « écologie contre économie », malgré les exemples de plus en plus nombreux, et sur toute la planète, qui confirment la possibilité d’une croissance verte.

L’écologie comme levier de croissance est une réalité qui concerne particulièrement l’Afrique, dépourvue de ressources fossiles, mais dont le potentiel renouvelable est très important. Surtout que ce continent est celui qui pâtira (et qui pâtit déjà) le plus des conséquences du réchauffement climatique. La transition environnementale, en particulier autour des enjeux énergétiques, est une chance que doit saisir l’Afrique.

C’est le sens de la prise de position de Rodrigue Nguesso, qui illustre cette vision optimiste mais réaliste. Une vision qu’a intégrée la nouvelle vague de décideurs africains, de plus en plus influente sur ce continent.

« Croire que le développement durable serait un luxe est une vision fausse de la réalité du développement (au sens global du terme). Par exemple, de mon point de vue, dépendre quasi exclusivement des énergies fossiles et des industries extractives est une stratégie risquée à long terme », déclare ainsi celui qui s’est engagé à « mettre [son] énergie à doter le Congo d’infrastructures modernes et non polluantes qui permettront à [son] pays de réaliser sa transition énergétique comme se sont engagés les participants de la COP 21 ».

Un nombre croissant de nouveaux décideurs africains estiment, comme Rodrigue Nguesso, que la transition environnementale doit être un atout pour le contient. C’est le cas d’un autre congolais, Sandy Mbaya Mayetela, qui a lancé une entreprise dédiée à l’énergie solaire, Africa Solaire. C’est aussi le cas du banquier nigérian Tony Elumelu, qui soutient financièrement plusieurs milliers d’entrepreneurs africains, notamment ceux qui développent et valorisent des solutions de consommation écoresponsable. Citons enfin le directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND) algérienne, Karim Ouamane, autre représentant de cette nouvelle génération africaine sensible à l’environnement. Il soutient activement le secteur du recyclage et explique comment le recyclage peut soutenir l’emploi en Algérie, évoquant par exemple la création de 7.600 emploi directs grâce au développement de la seule filière Pet (polyéthylène de téréphtalate).

Une nouvelle génération de leaders est en train de voir le jour en Afrique. Elle appréhende l’impératif environnemental avec un regard économique optimiste. Une vraie chance pour ce continent au potentiel infini…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A venir

  • No Events

Le Coin RSE

le Coin ESS

  • FarmerLine : quand l’ESS aide à développer l’agriculture

    En juin dernier, les deux jeunes fondateurs de la start-up FarmerLine, basée au Ghana, ont reçu le prix international Roi-Baudoin dans la catégorie développement. Un prix qui récompense leur contribution exceptionnelle au développement en Afrique. Avec leur application innovante, les